LE POLE AUSTRAL DE LA SPUÈRE CÉLESTE
dains et terribles; ces incendies allumés dans Tair, ces noirs torrents de pluie, ces roulements d'un tonnerre qui fait trembler le sol, ce serait une entreprise difficile, même lorsque ma voix serait de fer. J'ai vu, de mes propres yeux vu, la lumière brillante que les marins regardent comme sacrée, et qui scintille pen-
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Les zones de Plolémée.
^es deux zones tempérées qu'habitaient les hommes étaient séparées par la zone torride, et limitées par la zone glaciale.
dant la tourmente, accompagnant de ses pâles rayons le mugissement de la tempête. J'ai vu ces nuages flottant sur la mer, qui à l'aide d'un tube mystérieux lui arrachent une partie de ses eaux! Telle l'avide sangsue fixée aux lèvres de l'animal qu'elle a saisi pendant qu'il s'abreuvait; assouvit sa soif ardente
dans le sang étranger. Plus elle suce, plus elle croît et grossit, plus elle s'enfle. Mais tout à coup sa soif étanchée, la nuée retire la base qu'elle a dans rOcéan. Elle vole vers le ciel, et retombe en pluie, restituant à la mer Teau qu'elle lui avait dérobée. Quels signes précurseurs ! Quelles influences exercées par les astres! Quels prodiges extraordinaires! »
Les merveilles redoublent, lorsqu'après avoir franchi successivement deux des lignes tracées par Ptolémée, les vaisseaux de Gama dépassent le tropique, et arrivent dans cette partie du monde que Camoëns appelle de toutes la plus mystérieuse, celle qui se trouve entre le cercle polaire et le Capricorne.
Le poète décrit alors une trombe, qui ne se présente jamais que dans ces régions terribles, et dont l'apparition a, nécessairement, tant ajouté aux terreurs que les Portugais éprouvaient.
« J'ai vu, incontestablement vu, dit-il, et je ne pense pas que mes yeux aient pu me tromper, une fumée légère apportée par le vent. Elle s'élance dans les airs, se roule en spirale, et se dirige vers le ciel, prenant la forme d'un tuyau si mince que l'œil a de la peine à l'apercevoir. On dirait que cette colonne est formée de la matière même des nuées. Peu à peu elle croît. Bientôt elle dépasse en diamètre un énorme mât. Ici elle se rétrécit, là elle s'élargit. Elle pompe, absorbe et retient une immense quantité d'eau. Elle suit l'ondulation des vagues, à sa cime un nuage se forme et s'épaissit. Bientôt ce nuage devient plus lourd de tout le poids de l'eau que la colonne a absorbée .» Bientôt apparaît un géant dont la taille dépasse celle