SCÈNE XIL
ADÉLAÏDE, AUGUSTE, M"- BELTOIS, BELTOIS, LAURENTIN.
ENSEMBLE
I! faut, morbleu ! que ça finisse.
BELTOIS et AT3GVSTE, entrant.
Se peut-il que l'on étourdisse Le qiiartiei-, en criant ainsi ?
Et faudra-l-il que la police Vienne mettre la paix ici?
BELTOIS.
Qu'est-ce que c'est?
MADAME BELTOIS.
Ils veulent se battre.
AtKîDSTE.
Monsieur Adélaïde...
BELTOIS, riant.
Et monsieur Laurentin... ah!... ah!... ah!...
ADÉLAÏDE
Il rit, le charpentier... je voudrais bien l'y voir !...
LAURENTIN , avec aplomb.
Oui, mon capitaine, moi-même... Je dois du respect à voire âge et à votre jjrade... quand, trompe' sur mon compte, vous doutez de mon courage... mais je ne dois rien à monsieur, quand il se permet île m'iusulter.
ADÉLAÏDE
Je ne vous ai pas insulté...
LADRENTIX.
Et puisqu'il refuse de me rendre raison...
AUGUSTE
Vous vou^ trompez... s'il vous a offensé... ADÉLAÏDE , à Auguste.
Mais non , mon cher, c'est lui au contraire qui m'a dit les choses les plus grossières... il m'a injurié... il m'a traité comme le dernier des derniers... Témoin madame, qui en a frémi d'horreur... la chère fetnme !
MADAME BELTOIS.
Le fait est qu'on ne traite pas un homme comme ça.
On ne traite pas un homme comme ça...
n'est-ce pas?
BELTOIS.
Et vous refusez?...
ADÉLAÏDE
Comment ! je refuse... mais puisque c'est lui qui a tort... puisque c'est lui...
LAURE?iTlN, à part.
Ah çà... est-ce qu'il ne m'a pas compris? AUGUSTE, prenant la main à Adélaïde.
Raison de plus pour demander satisfaction à monsieur... et certes, vous ne reculerez pas au moment ovi je réponds de vous à monsieur Beltois... vous ne me démentirez pas... vous lui
prouverez que vous êtes un homme de cœur... et que vous êtes digne d'être son gendre.
ADÉLAÏDE , balbutiant.
Certainement... je ne demande pas mieux... Je suis trop heureux d'épouser... parceque... et puis...
AL'GfSTE.
Ainsi c'est convenu.
BIÏLTOIS.
A la bonne heure.
MADAME BELTOIS.
Ils vont se battre... mais c'est affreux!...
ADÉLAÏDE
Oh! oui... affreux!... ( lîegardant L,aurentin. ) Monstre, va !
LACRENTIN *.
En ce cas, monsieur, si vous choisissez le pistolet... les miens sont là... venez.
ADÉLAÏDE est prêt à sortir; il va jusqu'à la porte, puis revenant.
Eh bien! non!... allez-vous promener avec vos pistolets... je n'irai pas!... comment, il suffira qu'un animal, un drôle, un polisson vienne dire mille indécences à un honnête jeune homme qui ne le connaît pas... et qui jamais, au grand jamais n'a touché un pistolet, pour le forcer à se faire brûler la cervelle par lui, l'infâme ! iSon ! c'est un indigne préjuge' contre lequel je m'insurge courageusement... ( Pleurant presque, et d'une voix très émue.) ISon... il ne me tuera pas... je ne veux pas qu'il me tue... Arrachez-moi d'ici... traînez-moi dehors; mais je proteste... je proteste...
LAURENTIN, à part.
Il le prend au sérieux... eh bien! tant mieux. BELTOIS, éclatant de rire.
Ah!... ah !... ah!... c'est bien ça... Vous voyez, mon cher Auguste... vous voyez si j'ai tort de lui refuser ma fille... ah !... ah !... ah !...
Que cet homme me fait mal avec son rire !
AUGUSTE, à part.
Pauvre garçon!
LAURENTIN.
Vous êtes tous témoins...
BELTOIS.
Rien !... mon cher... bien !...jem"en souviendrai.