‹ Le poltronChapitre 4 sur 33 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M-" BELTOIS, ADÉLAÏDE, AMAiSDA , BELTOIS.

ADÉLAÏDE, en entrant.

Ah! je la tiens, je la tiens... Bonjour, monsieur Beltois... Mademoiselle... Ah! pardon, une roHiance que je viens d'attraper au vol.

Air de Doclie.

Jeune fille aux yeux gris.

Entre dans ma tartane ; Par toi , mon Ariane , C'est mieux qu'un paradis.

De notre amour profane , Enivrons nous tous deux.

Oui, tous deux.

Et , pour dormir un somme , Sur ma poitrine d'homme , Pose tes blonds cheveux.

AMANDA

Qu'est-ce qu'il a donc?..

ADELAÏDE, cherchant à se rappeler.

Attendez.

Tes attraits sont fanés ,

Et j'en conviens, ma belle.

Quelquefois ta prunelle

Regarde un peu ton nez;

Mais si tu uîes fidèle,

Que m'importent tes yeux Gris ou bleus ;

Que m'importent tes yeux?

Quand je sens , ô mon ame !

Battre ton coeur de femme,

Je me crois dans les cieux.

BELTOIS.

Monsieur est bien en train de chauler.

ADÉLAÏDE

Toujours... c'est mon état... Avec ça que ce matin il m'est arrivé une aventure... (A part.) Ils ont tous un air... Ils ont lu ma lettre. (Haut.) Figurez-vous que près delà barrière j'ai rencontré un orgue de Barbarie... J'aime infiniment les orgues de Barbarie.

BELTOIS, d'un air çoguenard.

Monsieur n'est pourtant pas de ce pays-là.

Madame lieltois, Amande, lîcltois.

ADELAÏDE

Moi... pas précisément!.. (A part.) Qu'est-ce que ça veut dire? il y a quelque cKose là-dessous.

AMANDA, bas à Beltois.

Mon papa...

Le fait est que l'orgue porte au cœur.

ADÉLAÏDE

En décliirantles oreilles... Celui-là sur-tout... il jouait la roinance que je viens de vous chanter.

( II chante. ) Jeune fille ans yeux gris.

AMAKDA.

Vous l'avez achetée?

ADÉLAlItE.

Non pas... je l'ai apprise à la course.

MADAME BELTOIS.

En vérité?...

ADÉLAÏDE

Air du Jaloux malade.

Eh! oui, paroles et musique...

Le maudit artiste en plein vent I A suivre ses pas je m'applique.

Toujours montant, toujours chantant; Quand il s'arrête , je m'arrête...

Les fenêtres s'ouvraient sur nous , Et je recevais sur ma tête Toute sa recette en gros sous.

J'en ai des bosses par-tout... J'en suis criblé!..

BELTOIS.

Bah! ce n'est rien... vous en avez reçu bien d'autres.

AMA^DA , bas.

Mon papa...

Moi... j'ai reçu... dame!... c'est possible... (A part.) Décidément ça veut dire quelque chose. ( Haut. ) Enfin je sais la romance... et en donnant la leçon à mademoiselle...

BELTOIS.

Merci, monsieur Mélinet!.

est très occupée aujourd'hui monde à dîner.

ADÉLAÏDE

Ah ! ( A part.) Il va m'inviter.

MADAME BELTOIS.

Ah! mon Dieu! et mon dessert!...

(Elle va près du piano et épluche quelques fraises.) BELTOIS , passant piès de lui.

Je vous invite... à retourner à Paris pour vos affaires... chacun les siennes... Kous attendons quelqu'un... un jeune officier , très brave... J'aime beaucoup les braves , moi... et vous?

ADÉLAÏDE

Oh ! moi... j'adore la musique militaire.

(Il fredonne l'air du siège de Corinthc.)

* Madame Beltois, Adélaïde, Beltois , Amanda.

merci... Ma fille Nous avons du

BELTOIS.

Celui-là n'est pas fort en musique... et au fait... c'est inutile... Ma fille en saura bien assez, pour deux... Son mari peut s'en passer.

ADÉLAÏDE, déconcerté.

Permettez... Mademoiselle... son mari?...

BELTOIS * , allant près de sa femme.

Bonjour, monsieur Mélinet. (Basa sa femme.) Conyédiez-le... sinon... Je vais envoyer ma lettre... ( en descendant près d'Adélaïde. ) ma lettre à cette poule mouillée de Lauientin... Je n'aime pas les poules mouillées, moi... et vous?

ADÉLAÏDE

Les poules!... maissi fait... je les aime assez... au riz.

BELTOIS, riant en sortant par le fond.

Ah ! ah ! ah ! ah !

( iMadame Beltois l'accompagne jusqu'à la porte. )

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