‹ Le Polyadenome Castrique: PolypeuxChapitre 12 sur 35 · A TRES · texte numérisé non relu

A TRES

lamelleux, conique ou cylindrique suivant le cas, rattachant plus ou moins étroitement le polype à la muqueuse avoisinante. La forme sessile répond en général aux polypes de petit volume, à ceux qui sont gros comme une lentille, comme un pois ; la forme pédiculée appartient aux polypes plas volumineux gros comme une noisette par exemple. Leur surface peut être lisse ou au contraire villeuse par hypertrophie en papilles des éléments les plus superficiels; elle peut aussi être vaguement lobulée et mamelonnée. Elle est en général recouverte d’un enduit visqueux, épais qui exsude de la tumeur sous la pression des doigts et qui n'est autre que le mucus stomacal sécrété en plus grande quantité par les éléments glandulaires hypertrophiés. Leur couleur est celle de la muqueuse qui les porte, gris, rougeàtres, pales ou bruns suivant l’état du reste de la muqueuse. Leur consistance est mollasse, comme spongieuse.

e) RAPPORTS AVEC LA MUQUEUSE. — Ces polypes sont muqueux, nous voulons dire formés parla muqueuse et à ses dépens. Comme elle, ils sont mobiles sur les plans musculaires sous-jacents, el sur une coupe nous voyons quils se continuent avec elle. À la coupe en effet nous remarquons que le bourgeon polypeux plus sec en général à son centre qu'à sa périphérie, formé dans la profondeur

d’un tissu gris rosé, paraît répondre à la zone glandu-

laire de la muqueuse. Dans quelques observations (1) le polype possède un noyau plus dur, sec et résistant de üssu fibreux qui se continue par un pédicule avec le tissu sous-muqueux et à la surface duquel sont disposés les

(1) Ménétrier, Soc. Méd. Hôp, 1907.

éléments adénomateux. — Sur les coupes examinées à l'œil nu, il est presque toujours impossible de percevoir la moindre altération des couches sous-jacentes à la muqueuse, des musculaires ou de la séreuse.

Dans l'intervalle qui sépare les polypes les uns des autres, la muqueuse gastrique a rarement son aspect normal. Dans beaucoup d'observations où il en est fait mention on la décrit couverte d'un mucus épais présentant de la congestion et quelquefois même des suffusions sanguines, des ecchymoses coïncidant avec une vascularisa- Lion visible à l'œil nu. Nous verrons plus loin que, alors même que l'aspect macroscopique serait celui d’une muqueuse saine, l'examen histologique montrerait l’existence de lésions.

f} ASSOCIATIONS PATHOLOGIQUES. — Parmi les diverses lésions trouvées à l’autopsie en même temps que les polyadénomes. les unes résultent de processus aigus ayant entraîné la mort (bronchopneumonie, endocardite aiguë, etc.) et n'ont a priori aucun rapport avec le polyadénome ; d'autres au contraire, d'ordre chronique, doivent être signalées, non que leurs relations avec le néoplasme soient claires et posilives, mais parce que certains auteurs ont voulu y chercher des indications et des arguments en faveur de leurs hypothèses pathogéniques. La lésion la plus fréquemment associée est la gastrite chronique, on la rencontre presque dans tous les cas, et si Brissaud s'appuie pour dénier à la gastrite un rôle pathogénique dans l'adénome sur un cas où « l'estomac ne présentait aucun des caractères grossiers de la gastrite chronique », Ménétrier lui objecte l'absence d'examen microscopique qui révèle des lésions quelquefois avancées où l'examen à l'œil nu avait été insuffisant à les déceler. — En deuxième

LE fou

ligne viennent les processus scléreux : artérioselérose avec où sans néphrile interstitielle (Ménétrier), polysclérose étendue, seléroses localisées (à l'utérus par exemple). Ménétrier insiste sur la fréquence et l'intensité de ces processus associés au polyvadénome et auxquels il faitjouer un rôle important dans sa pathogénie. — Signalons ensuile la coexistence assez fréquente de néoformalions glandulaires siégeant dans d’autres organes : polypes muqueux utérins, kyste de l'ovaire, épithélioma de l'intestin (Ménétrier), polyadénomes du tractus iñtestinal (sept cas dans la thèse de Talon) (1}. Dans les autopsies faites par Ménétrier cette coexistence s’est produite 4 fois sur 6. — Après ces manifestations pathologiques à distance nous signalerons celles qui siègent sur l'adénome lui-même, nous voulons parler des cas où l’on trouve des tumeurs complexes, partie bénignes, partie malignes, el que nous relrouverons dans le paragraphe où nous étudierons les relations de l’adénome et du cancer de l'estomac [Hauser (2), Ménétrier (3). — Nous signalerons sans insister que Brissaud observa une dilatation nolable de l'estomac chez le sujet qui était porteur de 200 polyadénomes et qu'il supposa une relation probable entre ces deux manifestations pathologiques.

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