‹ Le Polyadenome Castrique: PolypeuxChapitre 13 sur 35 · S 2. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

S 2. — ANATOMIE MICROSCOPIQUE

« Les polypes sont presque entièrement formés de tissu glandulaire en couche périphérique épaisse, à son centre un prolongement de la sous-muqueuse parcouru

(1) Talon. Thèse Lyon 1903, n° 68.

(2) Hauser, loco citato.

(3) Ménétrier, Soc. Méd. H6p. 1907 et Arch. de Physiol. 1888.

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de nombreux vaisseaux sanguins est limilé du côté de la

surface par la musculaire muqueuse toujours bien con-

servée et que ne dépassent en aucun point les glandes

hypertrophiées » (Ménétrier). Tel est le résumé de l'aspect histologique du polyadénome gastrique dans la très

grande majorité des cas. Nous allons en considérer cha-

eune des parties isolément en signalant les variétés pos-

sibles et en décrivant à l’occasion par où telle ou telle des

vbservations recueillies s'écarte de la description habi-

tuelle.

a) FAIBLE GROSSISSEMENT. -— Prenons d’abord connaissance d’une coupe intéressant un polype et la paroi voisine à un faible grossissement qui nous donne un aperçu d'ensemble sur la néoplasie. La masse propre du polype nous apparaît alors siégeant dans la muqueuse au-dessus de laquelle elle fait une saillie plus où moins considé rable, ne descendant pas au contraire au-dessous des limites de celle-ci et par conséquent séparée de la couche musculeuse par une lame de tissu sous muqueux et par la muscularis mucosæ. De partet d'autre du polvpe s'étend la muqueuse de lestomac; saine exceptionnellement, le plus souvent modifiée par un processus de gastrite d'ailleurs nettement distinet du processus adénomateux. Le nodule de l’adénome est formé par une agglomération de glandes dont les culs-de sac et les canaux excréteurs s’entassent el se disposent suivant quelques types légèrement différents. Entre ces tubes glandulaires, et spécialement au centre du nodule prend place un issu conjonctif plus où moins abondant émané de la sousmuqueuse avec laquelle il reste en connexion et qui sert d'axe ou de pédicule, de support aux proliféralions épithéliales. Toutefois l’évolution de celle-er dans la profon-

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deur peut amener une sorte de renversement dans la disposition réciproque des glandes et du stroma et celui ci peut être rejeté à la périphérie, dans la région des canaux excréteurs, tandis que le centre du polype est presque entièrement constitué par des amas de culs-de sac sécréteurs.

Considérons maintenant à part les glandes adénomateuses. Dans la glande gastrique normale les deux portions de sécrétion et d’excrétion peuvent théoriquement être frappées chacune pour son compte par le processäs néoformateur. D'uné part,donc, il peut se faire un allongement extrême des tubes excréteurs qui deviennent cinq et six fois plus longs que normale et qui rangés les uns à côté des autres, en sens radiaire par rapport à la tumeur, donnent sur une coupe heureuse, parallèle à leur direction longitudinale, un aspect de papilles filiformes en houppes comme cela est très visible sur les planches de Ménétrier{1). Soit au contraire la prolifération des culs-de-sac sécréteurs : le tube glandulaire s’allonge, son diamètre total s'accroil, il se plie et se contourne comme si l’espace lui manquait dans l'épaisseur de tissu dont il dispose pour se loger: une même lumière glandulaire ne peut plus être suivie sur une coupe plane de son fond jusqu’à son ouverture. Ces glandes se conglobent à deux ou trois qui s'isolent relativement de leurs voisines dans une cupule de tissu conjoncetif et donnent ainsi l'aspect d'un petit acinus glandulaire qui aboutirait à deux ou trois canaux excréleurs perméables. Cette prolifération des culs-de-sac glandulaires est due à la multiplication des cellules qui les constituent, sans augmentation notable de la lumière de la glande Or, dans certains cas, cette lumière est considérablement -

(1) Ménétrier, Arch. de Physiol , loc. cit.

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dilatée, elle apparaît à la coupe comme une cavité large, bordée d’épithélium et dont le contenu est plus ou moins riche en mucus. Nous avons alors affaire à un adénome kystique. Les kystes s'accumulent dans la partie centrale de l'adénome, leurs parois propres viennent au contact ne laissantque juste la place entreelles à quelquesnoyaux con- Jonctifs, elles sont d’ailleurs amincies et presque toute la surface de coupe répond à des cavités kystiques. Quelle est la cause qui explique celte évolution spéciale ? Les auteurs ne sont pas d'accord sur ce point et deux théories sont mises en avant : la déformation kystique est consécutive à l’oblitération des canaux excréteurs ; la déformation kystique est un processus spécial, autonome, dont une glande à lumière libre peut être secondairement atteinte.

En faveur de la première hypothèse on apporte les cas nombreux où la surface du polype est représentée par un tissu dense, non perforé de lumières glandulaires isolant les cavités Kystiques de la grande cavité stomacale. Ce tissu d’ailleurs n’aurait pas toujours une origine univoque et tantôl il faudrait y voir le résultat de l’accolement et

‘ de la fusion de ces papilles dues à l'hypertrophie des canaux excréteurs, et tantôt un étouffement au contraire de ces mêmes canaux par la prolifération du tissu conjonctif chassé du centre de l’adénome par la multiplication épithéliale. Ce tissu conjonctif, en effet, soulevant l’épithélium dans l'intervalle des canaux excréteurs, formerait des sortes de villosités qui, d’abord bien distinctes, finiraient par s'accoler et se fusionner au-devant des cavités excrétrices, les transformant ainsi en cavités fermées et vouées à la dilatation kystique par suite de la sécrétion qui se continue dans les parties profondes des glandes. C'est l'opinion qu’expose Ménétrier dans son

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article des Archives de physiologie. Nous devons mettre en parallèle l'opinion de Brissaud, qui se refuse à voir dans tous ces cas des kystes par rétention. Pour lui, en effet, la formation kystique esl-un processus banal de déviation du type adénomateux, et il apporte à Pappui de sa thèse des figures où la dilatation kystique des -eulsde-sac glandulaires coexiste avec lintégrité des tubes excréteurs, el sans même que la muqueuse ait déjà subi d’autres modifications notables. Nous devons dire seulement: que son texte n'apporte guère d’éclaircissement à ses figures et qu'il remplace une explication logique par de pures affirmations accompagnées de commentaires d'une clarté douteuse. — C'est pourquoi, sans nier les faits qu'il rapporte, nous préfèrerons nous en tenir à l'explication banale du kyste par rétention, d'autant que dans notre cas il y abien étouffement de l'extrémité centrale des canaux excréteurs, par la prolifération d'aspect embryonnaire du stroma conjonctif.

Il nous reste à signaler brièvement ce que nous trouvons comme lésions sur la muqueuse en dehors des polypes :

« C'est un épaississement général du tissu conjonctif in ter-glandulaire,avec une infiltrationdiffuse de petites cellules ettransformations fibreuses par places. Les glandes plus rares, plus espacées, présentent des modifications diverses de leur revêtement épithélial, modifications qui sont d'autant plus accentuées qu'on examine un point de la muqueuse plus voisin des polypes. Un grand nombre de glandes renferment pourtant encore des cellules à pepsme. Dans d’autres, et c’est l’altération la plus fréquente, ce revêtement est remplacé par un épithélium cylindrique, coloré sur toute-sa hauteur, semblable à un épithéllum de revêtement indifférent. Quelquefois ce

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