‹ Le Polyadenome Castrique: PolypeuxChapitre 14 sur 35 · DU TE · texte numérisé non relu

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sont des cellules cylindriques caliciformes et par places il y a de petits kystes lapissés, soit de ce même épithélium, soit de cellules cylindriques colorées. Souvent aussi, les glandes renferment des cellules prismatiques basses, claires, finement granuleuses, mais sans hypertrophie notable de la glande (Ménétrier) (1) ».

La transition entre les régions nettement polyadénomateuses et la surface du reste de l'estomac — sur la périphérie d’un bourgeon sessile — peut se faire brusquement et sans transition ménagée, mais cet aspect est rare ; le plus souvent, et alors même que la muqueuse n'est pas surélevée encore, les glandes se multiplient, leurs euls-de-sac commencent à se contourner et à se dilater et l’on trouve sur une zone plus ou moins étroite un certain nombre de formes de transition.

Quel est l'état des plans sous-jacents à l’adénome ? Dans presque tous les cas dont l'examen histologique nous est connu, nous trouvons une disposition analogue mais qui, fait intéressant et sur lequel nous nous réservons d'’insister plus loin, est notablement différente dans le cas que nous publions. En général, le polype n'a pas de retentissement sur les plans sous-jacents : quand il est sessile la muscularis mucosæ présente un léger flottement en passant au-dessous de sa partie profonde ; elle esquisse un léger soulèvement et quelques-uns de ses éléments musculaires se détachent de leurs voisins dans le tissu environnant. Si le polype est pédiculé, la muscu laris pénètre plus ou moins haut dans le pédicule, on dirait qu'il s’y est fait une sorte de cône d'aspiration ; cette disposition résulte tout naturellement du processus de mobilisation qui a amené la formation du pédicule,

(1) Ménétrier, Archives de physiologie, 1888, loco citato.

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processus qui se relrouve dans toutes les néoplasies endogastriques bénignes dès qu'elles atteignent un certain volume. La sous-muqueuse est intacte, elle donne seulement au niveau du pédicule un axe conjonciivofibreux plus ou moins net par lequel les vaisseaux et les nerfs sont portés au polype et qui forme le support de la masse néoplasique. — Nous avons déjà eu l'occasion de signaler que ni la couche musculaire, ni la couche séreuse ne sont à aucun point intéressées par ce processus de polyadénomatose polypeuse.

Ayant ainsi pris connaissance de la disposition des lésions glandulaires et conjonctives dans le polype du polyadénome, il nous reste à approfondir cette étude microscopique en examinant au fort grossissement comment se comportent les éléments tant épithéliaux que conjonctifs qui la constituent. |

b) Fort GrossissemenT. — L'épithélium se présente plus ou moins modifié suivant les points que l’on examine, et suivant aussi le processus qui a frappé la glande

Dans les canaux excréteurs tout d’abord, il y a des cas où l'épithéhum n'est plus visible; ce sont ceux où il a été élouffé par la prolifération papilliforme du tissu conjonctif et où nous trouvons seulement de loin en loin quelques cordons de cellules cylindriques qui en représentent des vestiges. Ailleurs au contraire le canal excréteur est dilalé ; dans ce cas il est bordé de hautes et volumineuses collules caliciformes déversant dans la cavité un mucus abondant.

[l'est à remarquer que le plus souvent dans ces dilatalions kystiques l’épithélium ne forme pas un plan régulier, mais par suite de lexubérance de sa prolifération, certaines cellules sont projetées vers lintérieur de la

SO EE cavité, donnant ainsi l'aspect de minuscules végétations dendritiques intra-kystiques. Ces cellules de revêtement s'écartent loujours plus où moins du type normal; en

gértéral, elles répondent à la descriplion suivante : eylin-

driques muqueuses, à protoplasma clair, la plupart caliciformes, souvent très hautes, atteignant jusqu'à 40 et 50 4;

ne)

Je noyau arrondi ou ovale occupant la base de l'élément

est seul colorable (Ménétrier); elles peuvent aussi repré-

senter toutes les variétés d’épithélium connues, sauf, dit

Brissaud, l’épithélium à cils vibratiles.

Quand enfin le canal excréteur est perméable, mais sans avoir subi de dilatation anormalé, l'épithélium qui le borde n'est que peu différent de lépithéliun à type normal. :

Les cellules constituant les culs-de sac sécréteurs, issues des cellules à pepsine de lépithélium normal, sont également troublées dans leur morphologie d'une façon plus ou moins profonde. Lorsque le processus kystigène est encore à son début, on peut voir déjà que ces cellules ont perdu leur forme globuleuse et l'aspect réfringent qui leur est particulier.

En se multipliant, elles sont devenues plus petites, polyédriques, elles fixent mieux les colorants. À un degré plus avancé, alors que les kystes sont constitués, les cellules qui les revêtent ont encore perdu de leur volume, elles sont basses, cubiques ou prismatiques, comme comprimées par la tension du hquide kystique qu'elles

ont laissé exsuder.

Dans le type d'adénome qui ne comporte pas de dilata-

tions kystiques mais seulement l'hyperplasie des culs-de-

sac sécréteurs, l'aspect est un peu différent. L'épithélium ici est également modifié : les tubes qu'il forme et dont

l'ensemble rappelle la zone des tubes contournés du n

TN ne rein, se montrent comme une bande claire centrale bordée de deux bandes colorées ; les cellules, en effet, du type prismatique bas, ne ressemblent plus aux cellules à pepsine, dont elles dérivent; elles ont un noyau volumineux excentrique, siégeant toutau fond de la cellule, dans la partie basale de celle-ci, tandis que le protoplasma finement granuleux de la partie superficielle se colore d’autant plus mal qu'on s'approche plus de la face libre de la cellule. La lumière du canal glandulaire est en général plus ou moins obstruée par la présence de cellules desquamées, en globes dégénérés, mal colorables, mais encore d’une morphologie suffisante pour permettre de les reconnaître.

Dans tous les points, et quel que soit le type de l'adé-. nome considéré, cet épithélium est nettement séparé du stroma conjoncüif par la membrane hyaline sur laquelle il repose, et quand même celle ei ne serait pas décelable sur toutes les coupes, sa présence se devine par la régularité de la disposition cellulaire.

Le stroma conjonctif est plus ou moins dense, plus ou moins âgé suivant les descriptions; tantôt il constitue simplement un tissu de remplissage occupant la place qui reste entre les tubes épithéliaux, tantôt tissu de soutien, 1l limite au contraire par ses travées épaissies des sortes de loges où se réunissent en groupe les éléments glandulaires. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dt plus haut de la situation excentrique ou au contraire centrale de ce tissu conjonctif. Nous attirerons seulement l'attention sur les points suivants: le tissu conjonclif du polyadénome se montre particulièrement riche en éléments jeunes, en cellules rondes, embryonnaires, quelquefois il y en a une infiltration diffuse, plus souvent cette infiltration est localisée, limitée À un nodule périvasculaire, où comme dans notre cas, À une zone

superficielle autour des canaux excréteurs. Cette infiltration est l'indice d'un processus inflammatoire, qui a eu lieu en ces points et qui, dans certains cas, a laissé des traces beaucoup plus nettes. En effet, dans les trois observations que Ménétrier et Clunet ont rapportéés à la Société médicale des hôpitaux en mai 1907, l'axe de chacun des polypes était formé d’un noyau fibreux et dur d'inflammation ancienne, peut-être même antérieure à la formation du polype adénomateux. Dans cet axe fibreux. les vaisseaux étaient épaissis par la périendovascularite et entourés d’infiltrats leucocytaires limités. — Nous verrons au chapitre de la pathogénie l'importance qu'il convient de donner à ces constatations.

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