‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 117 sur 318 · Règle de saint Benoît, c. II et LXIII · texte numérisé non relu

Règle de saint Benoît, c. II et LXIII

semblent dépasser notablement les attributions reconnues à une supérieure ; mais il suffit de les expliquer en se souvenant qu’elles sont destinées à l’origine à caractériser des pouvoirs plus étendus.

Cunctorum bonorum institutor Deus, qui per Moysen famulum tuum ad gubernandas ecclesias præpositos instituisti… « Seigneur, qui êtes la source de tout bien, vous avez daigné vous servir de votre serviteur Moïse pour préposer au gouvernement des groupes de fidèles des supérieurs munis de pouvoirs. »

Un tel début d’oraison, — c’est la seconde dans notre Pontifical, — laisse supposer qu’il va être réellement question d’une juridiction spirituelle quasi-épiscopale, telle que celle dont le droit fait le privilège des abbés. De fait c’est pour eux qu'ont été écrites ces paroles, de même que la finale de la même pièce :

À te Domine collaudante audire mereatur : « Euge serve bone et fidelis, quia in pauca fuisti fidelis, supra multa te constituam, intra in gaudium Domini lui, »

La citation scripturaire se conserve telle quelle sans se préoccuper de l’anomalie grammaticale de l’invitation, Euge serve bone, adressée à une religieuse. En France on disait jadis Euge, euge famula bona et fidelis !.… La promesse de la récompense réservée au dévouement est bien à sa place, et elle trouve son écho dans les longs développements de la préface qui suit : rien de plus normal. Mais au cours de cet énoncé détaillé des hautes vertus que l’on désire voir briller dans la supérieure chargée de conduire le troupeau du Christ, revient encore l’idée du gouvernement de l’Église en des termes qui reproduisent tout simplement le texte de la consécration épiscopale, c’est-à-dire en définitive le texte rédigé pour l’évêque de Rome : Tribuas ei, Domine, cathedram

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