‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 134 sur 318 · DROIT DE L’ÉVÊQUE · texte numérisé non relu

DROIT DE L’ÉVÊQUE

à lui-même. Peut-être y a-t-il une allusion à ce privilège antique dans une fresque du cimetière de Priscille, du IIIe siècle, représentant un vieillard assis, sous les traits de saint Pierre, et devant lui une jeune femme debout la tête découverte et tenant dans ses mains un voile, tandis qu’un troisième personnage lui présente une tunique brodée. On y reconnaît aisément l’évêque de Rome accomplissant le rite de la consécration des vierges 1, Quoi qu’il en soit, les preuves du privilège épiscopal abondent dès le IV® siècle, et au cours des âges la discipline s’est maintenue qui réservait à l’évêque le droit de consacrer les religieuses de son diocèse ?. On peut considérer le canoniste Yves de Chartres, au XIIe siècle, comme l'écho fidèle de la tradition quoiqu'il lait un peu vieillie en la faisant remonter jusqu’aux Apôtres : Consecratio virginum… ex auctoritate apostolica episcoporum privilegio reservatur ÿ. Le témoignage de l’archevêque de Cantorbéry, Théodore (fin du VII® siècle), était non moins explicite quoique plus réservé, et il était en même temps plus complet puisqu'il relatait l’usage oriental ; Théodore venait précisément d'Orient et pouvait attester que dans ces contrées les simples prêtres avaient l’autorisation de consacrer les vierges : Secundum Graæcos presbytero licet virginem sacro velamine consecrare..; secundum Romanos non nisi episcopis solis 4. Il aurait pu ajouter que ce pouvoir peut être délégué par l’évêque à de simples prêtres, notamment aux abbés réguliers pour les moniales de leur ordre 5. Le synode de Carthage de 397 prévoyait déjà le cas d’une délégation de pouvoirs.

1. WILPERT, Die Gottgeweihten Fungfrauen in den ersten Fahrhe der Kirche. 1892, p. 52 et suivantes. — Revue Rome, VIIL, 1911, p. 174.

2. THOMASSIN, La discipline de l’Église, 4° partie, 1. I, ch. Lx: De la consécration des vierges par l’évêque. Cf. ch. LxI, 8, 9.

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