L'EXAMEN DU CANDIDAT
peuple comme les vrais électeurs du candidat présenté, elle ne parle plus que du chapitre des chanoines, Capitulum N. Ecclesie, ce qui était conforme à la discipline du XIIIe siècle.
Cette attestation des électeurs s’étendait en détail sur les qualités que présentait l’élu, et quelquefois se terminait par une demande adressée à l’assistance d’acclamer le candidat :
Hunc ergo, dilectissimi fratres, testimonio bont operis electum dignissimum sacerdotio, consonatis laudibus clamate et dicite : Dignus est1.
Dans les temps anciens les acclamations du peuple avaient souvent marqué la part qu’il prenait à l’élection. L’épisode de la vie de saint Ambroïse est dans toutes les mémoires. Saint Augustin rapporte un fait semblable à propos de l’évêque Héraclius ?. Dans un document romain de 419 Pusage des acclamations populaires apparaît comme un rite tout à fait habituel qui marquait la validité de l'élection. Dans ce texte il s’agissait du pape Boniface qui avait été élu régulièrement par les prêtres avec le concours du peuple et acclamé par tous ensemble, participato cum christiana plebe consilio, acclamatione totius populi et consensu meliorum civilatis ?.
Le decretum reconnu authentique et l’élection valide, le pape, ou le métropolitain en dehors de Rome, procédait à un interrogatoire sommaire de l’élu, sur ses antécédents et sa connaissance du droit ecclésiastique ; le pontife, en terminant, lui annonçait sa consécration pour le lendemain, usage attesté déjà par saint Léon ‘. La description du scruti-
1. Missale Francorum, 1x, formule Servanda est. P. L., LXXII, 323. — Sacramentaire de Gellone, MARTÈNE, loc. cit., ordo 4.