‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 146 sur 318 · VOCATION À LA VIRGINITÉ · texte numérisé non relu

VOCATION À LA VIRGINITÉ

cælestis progenies speraretur : ad creandam ergo promissam posteritatem, heredes in sideribus designati ortu nov sideris excitantur |.

À cette première merveille des innombrables multitudes ramenées à Dieu par la grâce du Christ, l’incarnation du Verbe est venue ajouter cet autre prodige de la vocation à la virginité. Parmi ces âmes justifiées il s’en est trouvé de plus nobles, sublimiores animæ, qui ont compris les pures joies de l’union intime au Christ, et ont sacrifié tous les plaisirs humains pour rivaliser avec les anges.

Honneur en soit à jamais au Christ, chante notre préface : car «c’est à son Auteur que vient rendre ses hommages la virginité chrétienne, au Christ, époux des vierges à jamais consacrées, comme il est le fils de la Vierge toujours pure! »

Agnovit Auctorem suum beata virginitas, et æmula integritatis angelicæ 1llius thalamo… se devovit qui sic perpetuæ virginitatis est sponsus quemadmodum perpetuæ VIRGINITATIS EST FILIUS.

Et c’est encore saint Léon, dans un sermon pour la même fête de l’Épiphanie, qui a fourni le si beau titre du Christ, titre qui n’appartient qu’à lui, mais qui allume dans les âmes la passion de la pureté :

Diligite castimoniæ puritatem quia Christus VIRGïI- NITATIS EST FILIUS ?.

Pour ces âmes enflammées du désir d’imiter pleinement le Christ et de se donner à lui sans retour, la préface de la consécration des vierges chante l’hymne nuptial de leur union à l’Époux divin. Saint Léon y célèbre avec enthousiasme les gloires de la virginité chrétienne, son triomphe sur les puissances du mal ; il acclame la surabondante richesse de la grâce divine qui transforme d’humbles créatures au point

1. S. LÉON, Sermo xxxIII, in Epiphaniam. P. L., LIV, 241. 2. S. LÉON, Sermo xxxI, in Epiphaniam, 3. P. L., LIV, 237. Cf. Sermo XXIX, 5,

de leur faire mener une vie angélique dans un corps mortel. Le divin se laisse toucher du doigt, seule la vertu de Dieu peut opérer de telles merveilles.

« Comment en effet l’âme, captive dans les liens de la chair, pourrait-elle surmonter l’attrait de la nature, le charme de la liberté, le penchant de l’habitude et l’entraînement de la jeunesse, si vousmême, Seigneur, n’aviez allumé dans sa volonté cet amour pour la chasteté, si vous-même ne produisiez dans les cœurs une telle ardeur et une telle énergie 1? »

En se consacrant à Dieu l’âme sait qu’elle a bien placé sa confiance : de lui elle a reçu comme un don gratuit lamour de son intégrité, de lui elle obtiendra la grâce de la conserver. Elle lui a tout donné, et ce qu’elle ose attendre en retour de sa paternelle bonté, c’est « d’être à jamais affermie dans sa résolution par sa main bénissante qui va la consacrer » : Confirmari se benedictionis tuæ consecratione cupienti, da protectionis tui munimen. Déjà dans sa confiance filiale « elle a remis le dépôt sacré de son vœu entre les mains de son Seigneur » : 27 manu tua continentiæ suæ propositum collocans tibi devotionem suam offert. Elle sait qu’il sera bien gardé. Elle s’enhardit maintenant à demander une consécration qui sera comme l’attestation de l’agrément divin donné à son offrande ; ce sera pour elle une source de sécurité pour l’avenir ?.

Cette consécration, l’Église la lui donne au nom de Dieu : c'est plus que la reconnaissance officielle de l’état que la vierge consacrée a choisi et dans lequel elle est solennellement constituée. Il y a vraiment bénédiction efficace, qui devient source de grâces d’union toutes spéciales et par suite de

1. Pontifical romain, Consécration des vierges. Traduction de DoM GUÉRANGER, Exercices de sainte Gertrude, 3° exercice. 2, DoM C. MARMION, Sponsa Verbi, ch. 111. « Relictis omnibus. »

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