GRACES DEMANDÉES
sanctification. C’est ce que la suite de la préface de consécration demande à Dieu en un langage admirable où la manière de saint Léon se reconnaît encore aisément. Désormais le Seigneur est tout pour les âmes vierges qui se consacrent à son service : Tu eis sis honor, tu gaudium, tu voluntas. Le Seigneur se fera le gardien de celles qui se sont données à lui : elles n’ont rien à craindre du perpétuel ennemi du bien, ne hostis antiquus. rapiat de proposito virginum; il pourra redoubler ses assauts pour obtenir des consacrées qu’elles renoncent à leur propositum, c’est-à-dire à leur vœu de virginité. Mais la grâce de leur consécration et la bénédiction de Dieu sont là pour les affermir et les protéger ; elles peuvent avoir confiance, pourvu qu’elles soient vigilantes et qu’elles échappent aux séductions d’un autre démon, celui de la vaine complaisance en soi-même. Laudabiliter vivant, laudarique non appetant, chante la préface « que leur vie soit digne de louange, mais qu’elles fuient la flatterie » ! Saint Léon avait exprimé déjà ces pensées en des termes très analogues à ceux de la formule de consécration : Difficile est ut laudabiliter viventem laus humana non capiat, nisi ut scriptum est : Qui gloriatur, in Domino glorietur. Cujus vero ille hostis nequissimus non audeat impugnare propositum ! ? La consécration des vierges est donnée pour l'éternité. Elle n’implique pas caractère, et cependant elle est donnée une fois pour toutes, et on ne la réitère jamais, non plus que la bénédiction abbatiale, C’est bien la pensée de la préface de consécration qui se termine par le vœu exprimé du salut éternel accordé aux vierges en raison de leur fidélité, et de la perpétuité de l’état de virginité qu’elles garderont dans la société des Bienheureux, ef in Agm tui perpetuo comitatu probabiles mansura castitate permaneant. C’est également ce que demande une prière qu’on a reléguée à la fin
1. SAINT LÉON, Sermon XLII, 3. P. L., LIV, 277. Cf. SAINT AUGUSTIN, De sancta virgimtate, c. XXIIL, 33,
de la fonction avec des formules additionnelles dont il sera question plus loin, mais que l’ancien Pontifical des papes plaçait à la suite de la consécration comme le faisait déjà le gélasien :
Te invocamus Domine… « Nous vous prions, Seigneur, pour ces vierges consacrées, afin que vous les admettiez un jour dans les rangs de ceux qui sont restés vierges : comme eux faites que ces âmes se conservent pures et immaculées jusqu’au terme dernier, permanere immaculatas usque in jfinem.»