‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 149 sur 318 · LE VOILE DES VIERGES · texte numérisé non relu

LE VOILE DES VIERGES

virginité, le Pontifical, à la suite du texte de Durand de Mende, a fait déclarer une fois de plus aux consacrées leur volonté ferme de rester fidèles à leur engagement :

Vultis persistere in sancta virginitate quam professe estis? — KR}. Volumus.

Cette insistance, quoiqu’étrangère aux documents anciens et au recueil des papes, a du moins l’avantage de souligner le sérieux de la cérémonie. Porter le voile de la religion, velamen sacrum, est dorénavant pour la religieuse ! le signe de sa dépendance absolue vis-à-vis du Christ. Elle n’est plus libre, elle ne s’appartient plus et ne peut plus se donner à un autre qu’au Christ. C’est la raison qu’invoquait Tertullien dès le début du IIIe siècle pour rappeler aux vierges consacrées de Carthage la loi qu’elles négligeaient trop de ne paraître que voilées dans les assemblées chrétiennes et en public :

Nupsisti enim Christo, 1lli tradidisti carnem tuam : incede secundum sponst tui voluntatem. Christus est qui et alienas sponsas et maritatas velari jubet, utique mullo magis suas ?.

Le Christ fait une obligation aux femmes mariées de porter le voile, à plus forte raison l’exige-t-il de celles qui lui sont consacrées. Le flammeus nuptialis, le voile des fiancées et des jeunes mariées, appartient donc aussi aux vierges consacrées. Le terme est employé par saint Ambroise *, et c’est celui dont on usait dans la langue courante. En

1. La consécration des vierges ne peut appartenir qu’aux religieuses vivant en communauté. De récents décrets ont interdit de l’accorder à des personnes vivant dans le monde. S. C. de Religiosis,25 mars 1927. De très bonne heure les documents liturgiques précisent les conditions dans lesquelles doit vivre la vierge consacrée en lui donnant les noms de Sanctimonialis Virgo et de ancilla Dei. Cf. S. GRÉGOIRE LE GRAND, Epist., VI, 23.

2. TERTULLIEN, De virgimbus velandis, XVI, P. L., 11, 911. Cf. Ad uxorem, I, IV. — S. CYPRIEN, De habitu virginum, xXxII.

3. SAINT AMBROISE, De institutione virginis, XVII. P. L., XVI, 331.

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