OCTAVUS FERRARIUS, De re vestiaria; p. I, 1. III, c. xxI
Afrique au IVe et V® siècle, on lui préférait le nom de mitra qui désignait une sorte de coiffure assez analogue au bonnet phrygien, et saint Optat de Milève qui en donne la description nous dit nettement que c’était l’insigne habituel des vierges !. L'Église a connu et employé tous ces termes ; elle leur a finalement substitué la locution la plus ordinaire qui exprime le mieux sa pensée le velamen sacrum. Le recueil du pape saint Grégoire ne connaissait pas d’autre mot pour caractériser toute la fonction, Oratio ad ancillas Dei velandas, et nous redisons encore, à la suite de l’imposition du voile, cette formule antique que consignait déjà le sacramentaire romain : Famulas tuas, Domine, tuæ custodia muniat pietatis, ut virgimitatis sanctæ propositum… 1llæsum custodiant. « Sur vos servantes, Seigneur, veuillez étendre votre protection et qu’elle soit leur sauvegarde, en sorte que leur vœu de virginité soit con-
servé en elles à l’abri de toute atteinte. »
La tradition du voile « nuptial » suffisait, aux yeux des anciens, à symboliser les noces spirituelles de l’âme avec Dieu et les documents liturgiques s’en sont longtemps contentés ?. Mais le moyen âge a renchéri sur ce symbolisme déjà si expressif en y ajoutant la tradition de l’anneau et de la couronne, éléments qui se sont introduits peu à peu dans le Pontifical des papes * auquel ils étaient jadis étrangers. Ce vénérable texte a fini par adopter aussi telle ou telle des antiennes que les documents du moyen âge, en France et en Allemagne, faisaient chanter aux vierges consacrées à la suite de la tradition de chacun de ces symboles de leur virginité.