‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 157 sur 318 · ORIGINE DIVINE DE L’AUTORITÉ · texte numérisé non relu

ORIGINE DIVINE DE L’AUTORITÉ

et, les peuples qui la délèguent à leurs souverains ne faisant qu’obéir à une loi naturelle voulue de Dieu, il est absolument exact de dire que toute autorité même civile est conférée par Dieu, ou, si l’on préfère, par les peuples mais au nom de Dieu, qu’ils le veuillent ou non. C’est ce qui fait le caractère sacré de l’autorité, du gouvernement, alors même qu’il est étranger au christianisme, ainsi que saint Paul l’a clairement enseigné.

Saint Clément à la fin du Ier siècle transcrivait une prière solennelle pour les empereurs, et son texte euchologique attestait en termes éloquents la croyance commune à l’origine de l’autorité. Le saint pape se plaisait à rendre hommage à la majesté divine qui se laissait deviner sous les voiles de la puissance exercée légitimement par les empereurs païens : «C’est vous, Seigneur, qui, dans la jouissance ineffable de votre divine souveraineté, avez concédé à nos empereurs le pouvoir impérial, afin que, pénétrés de respect pour la majesté dont vous les avez revêtus, nous leur témoignions une humble soumission. C’est vous, Seigneur, vous le roi des cieux, qui donnez à nos empereurs la gloire et la puissance ; dirigez-les donc de votre conseil pour qu’ils exercent selon la justice le droit qu’ils tiennent de vous! »

Les peuples anciens n’avaient eu qu’une notion vague de ces principes, mais elle existait réellement. Le Christianisme Pa mise au point, et c’est sur elle qu’est essentiellement basée l’idée du sacre des rois chrétiens. Il est important de remarquer que l’Église a soigneusement écarté de l'esprit des fidèles toute exagération dans l’énoncé de ces principes. Elle n’a jamais donné à entendre que la puissance du souverain et son autorité vinssent d’elle comme c’est le cas pour toute juridiction spirituelle. Elle reconnaît que l’autorité du roi lui vient de son élection, ou de son droit établi antérieure-

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