‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 158 sur 318 · SAINT CLÉMENT, Epist. ad Corinthios, c. LXI · texte numérisé non relu

SAINT CLÉMENT, Epist. ad Corinthios, c. LXI

ment par la volonté et l’acceptation de la nation ; mais elle consacre au nom de Dieu cette autorité royale, afin de bien montrer qu’en définitive elle remonte jusqu’à Dieu comme à sa source. Tertullien formulait déjà magistralement ce principe : « Sciunt (imperatores) quis 1illis dederit imperium. Recogitant quousque vires imperit sui valeant… Inde est imperator unde et homo antequam imperator ! ; » ce qui revient à dire que l’empereur tient son pouvoir des mêmes mains divines dont il a reçu l’existence. L’admonition adressée au roi au moment de son sacre, dans le Pontifical romain, exprime très nettement ces idées, et c’est là ce qui détermine la nature du sacre royal en montrant ce qu’il n’est pas. A l’encontre de la consécration épiscopale ou de la bénédiction abbatiale (dans son sens primitif), la cérémonie du sacre n’a jamais été conçue comme une collation et transmission authentique du pouvoir, ni par conséquent comme une condition essentielle pour la possession légitime de ce même pouvoir. Elle n’est, et n’a jamais été, qu’une reconnaissance solennelle et une ratification au nom de Dieu du droit au trône conféré préalablement par la naissance ou l'élection.

Mais elle est en même temps et avant tout l’affirmation, peut-être la plus solennelle qui existe dans la liturgie, de la domination universelle de Dieu, de la royauté souveraine du Christ. C’est ce qui ressort clairement de toutes les formules du sacre et du rite de l’onction. Il y a là comme une proclamation officielle du titre royal qui en droit n’appartient qu’au Seigneur. De par son couronnement le monarque devient le représentant du Christ dans l’État. Le sacre royal ne constitue pas entre ses mains le droit au pouvoir, puisque ce droit existe déjà ; mais d’une certaine façon il le sanctionne en faisant passer le roi sous la suzeraineté du Christ 2.

I. TERTULLIEN, Apolog. adv. gentes, c. xxx. P. L., I, col. 44r. 2. R. P. CLÉRISSAC, La Bienheureuse Feanne d'Arc. Triduum monastique. II : La messagère de la politique divine.

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