‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 161 sur 318 · OBLIGATIONS DES SUJETS · texte numérisé non relu

OBLIGATIONS DES SUJETS

à leur souverain. Le couronnement des rois ou la simple acclamation et reconnaissance solennelle des chefs de nation ont toujours eu ce caractère de renouvellement du pacte politique qui unit le souverain à son peuple et qui implique nécessairement des devoirs réciproques 1, — C’est dans la nature même des choses.

Dans l’Ordo des rois allemands on voit qu’après le serment royal l’archevêque consécrateur demandait au peuple présent s’il acceptait son souverain. Tous répondaient : Fiat, Fiat! Amen ?.

Cet enseignement donné par l’Église n’est pas toujours contenu dans un serment spécial de fidélité au prince ; mais il est exprimé clairement par le fait même que l’Église proclame hautement la participation à l’autorité divine qu’est l’autorité souveraine. À l’époque où, dans un état vraiment chrétien, le peuple était apte à comprendre ce principe de dépendance et à reconnaître cette noblesse exceptionnelle de l'autorité du souverain, il n’avait aucune peine à admettre que l’obéissance à cette autorité obligeait en conscience. Car telle est bien la doctrine de l’Église : aucune autorité, aucune loi humaine ne saurait en effet obliger en conscience, si elle n’avait une origine supérieure à une simple volonté humaine ou à un simple pacte entre individus ® ; car la conscience garde son indépendance vis-à-vis de tout ce qui n’est pas. Dieu, ou n’est pas établi par Dieu au-dessus d’elle : mais c’est là le cas de l’autorité souveraine, elle dérive de l’autorité divine elle-même son pouvoir d’obliger en conscience, — dans les limites de son exercice régulier et légitime, cela va de soi.

A propos de ces devoirs des sujets vis-à-vis de leur souverain, il faut faire la même remarque que nous faisions tout à l'heure à l’endroit du pouvoir royal lui-même. L'Église

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