‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 168 sur 318 · CHEZ LES ANGLO-SAXONS · texte numérisé non relu

CHEZ LES ANGLO-SAXONS

Il y eut très anciennement aussi un rituel mozarabe pour le couronnement des rois d’Espagne. Dès le VII® siècle, au rapport de l’évêque de Tolède Julien, le roi Wamba reçut l’onction royale et ses successeurs après lui eurent le même privilège 1.

Le plus ancien souvenir d’un cérémonial pour le couronnement d’un roi d'Occident n’est pas à chercher en Gaule, car l’histoire du sacre de Clovis ne repose que sur des données incertaines ; c’est en Grande-Bretagne qu’on le rencontre. En 574 Aidan Mac Gabhrain fut couronné roi des Scots par saint Columba d’Iona. Les plus anciens rituels ont donc dû subir les influences celtiques. C’est ce qu’on a reconnu dans l’Ordo d’Egbert d’York (734-766), dont les sept formules se réfèrent à des usages antiques, et rappellent les sept prêtres qui coopéraient au couronnement des rois celtes ?. D'autre part plusieurs pièces de cet Ordo sont d’origine saxonne. Ainsi constitué le rituel anglo-saxon d’Egbert est passé sur le continent, peut-être avec saint Boniface au moment où celui-ci conféra le premier sacre royal à un souverain franc, à Pépin et à ses deux fils. Les pontificaux écrits en France au IX® siècle attestent en effet une parenté avec le premier des cérémoniaux anglo-saxons : le second date du X® siècle environ, et à son tour il a été tributaire des manuscrits français et allemands. Les rois anglais de l’époque, a-t-on remarqué, aimaient à étaler le faste impérial, même après le sacre solennel d’Otton Ier de Germanie comme empereur d’Occident. Ils se paraient de ses insignes et affectaient de se les faire conférer publique-

1. DoM M. FÉROTIN, Le Liber ordinum mozarabe. — Concile de Tolède, de 681, c. I.

2. MARQUIS DE BUTE, Scottish Coronations, Londres, 1902. — H. THURSTON, The Coronation Ceremonial, p. 13 et suiv. — Ordo d’Egbert dans MARTÈNE, De ant. eccl. rit., II, c. x, ordo 1. — Cf. Dom CaBroL, Egbert, dans Dict. d’arch. chr. et de liturgie.

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ment à la cérémonie de leur sacre!. Ainsi les formules romaines du cérémonial impérial sont-elles entrées à la suite de l’Ordo romanus ancien dans le second rituel anglo-saxon et sont revenues de là sur le continent. Plus tard les influences normandes importèrent de nouvelles additions dans le rituel anglo-saxon qui se retrouve dans le Liber regalis officiel rédigé pour le couronnement d’Édouard II en 1308. Il s’est conservé depuis la réforme, mais avec de notables modifications ?. Au VIII siècle, les rois francs ont commencé à se faire couronner par les évêques ; jusque-là ils s’étaient contentés de se faire porter sur le pavois. Pépin fut le premier à recevoir la couronne des mains de saint Boniface (752). Après lui les rois carolingiens se conformèrent tous à cet usage. Un manuscrit de Freising contient avec des bénédictions gallicanes un ensemble de formules dont la première porte le titre de benedictio regis in regno : ungantur manus iste…., c’est peut-être le plus ancien rituel franc pour le couronnement du roi. Les manuscrits des IXE et Xe siècles des abbayes Saint-Thierri de Reims et de Corbie (sacramentaire de l’abbé Ratold) présentent l’Ordo officiel des rois carolingiens 4. L’évêque de Reims Hincmar consacra lui-même en 877 le roi Louis IT ; il nous a transmis le rituel qu’il observa en cette occasion 5. Plus tard l’Ordo romanus vulgatus $ exerça

1. DIEMAND, Das Ceremoniell der Kaïserskronungen von Otto I bis Friedrich IT, dans Historische Abhandlungen, fasc. IV, Munich, 1894. — Le roi anglais Ethelstan était en relations avec la cour de Germanie, surtout depuis son mariage, en 929, avec la sœur de l’empereur Otton.

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