L'ONCTION DES ROIS DE FRANCE
signis et portentis ac variis curis apparentibus in eis ex unctione prædicta
Même attestation, et plus explicite encore, dans un diplôme de Charles V, de 13802: il mentionne Ampullam sancti Chrismatis liquore refertam de quo ipse Rex (Clodovæus) et omnes deinceps Francorum reges et nos etiam in nostra consecratione et coronatione, Deo propitio suscepimus unctionem, per quam ipsis regibus, divina operante clementia, virtus infunditur, et gratia quæ solo contactu manuum infirmos sanant ab ægritudine scrofularum, quod in personis innumeris per facti evidentiam constat esse probatum.
Enfin dans une Bulle de janvier 1548, pour la fondation de l’Université de Reims, le pape Paul III lui-même constate ce fait que les rois de France reçoivent dans cette ville « l’onction sainte et le pouvoir de guérir les malades », sanctæ unctionis et curandorum languidorum munus . On sait du reste que l’usage pour le roi de France de se rendre le lendemain de son sacre au prieuré de Saint-Marcoul, près Reims, pour « toucher les écrouelles », s’est conservé jusqu’à Charles X y compris. Mabillon atteste avoir assisté à la cérémonie accomplie par Louis XIV en 1654 4. Ce pèlerinage avait été institué par saint Louis. Il faut ajouter que le toucher des écrouelles était souvent suivi de guérisons miraculeuses : la chose est attestée par des témoins irrécusables et paraît avoir été connue de tout le monde dans les temps anciens ÿ.
1. SAINT THOMAS, De regimine principum, 1. II, c. xvi. Ce traité forme l’opuscule xvi dans l’édition de Vivès, D. Thomæ Opera omnia, Paris, 1875, t. XXVII, où il porte le titre Tractatus de rege et regno.
2. Mandements et actes de Charles V (1364-1380), Paris, 1874. Ë 3. Bullar. roman., ad ann. 1548.