MABILLON, Annales O. S. B.; I
5. Le pouvoir de guérir les écrouelles, dans Travaux de l’Académie
de Reims, t. XLIII, p. 224-288. — Études de la Comp. de Jésus, t. XX,
Il n’y avait du reste rien de superstitieux dans les rites employés : le roi entendait la messe, communiait, puis se rendait auprès des malades qu’il touchait au visage, puis les bénissait par le signe de la croix en prononçant la simple formule : « Le roi te touche, Dieu te guérisse! »
Les rois d'Angleterre ont exercé le même pouvoir contre lPépilepsie et les scrofules, et cela en raison d’une vertu spéciale obtenue par les mérites de saint Édouard le Confesseur en faveur de tous les rois anglais qui recevraient la consécration. Vers 1180, Pierre de Blois atteste que l’existence de ce pouvoir était un fait connu.
Quel qu’ait été le moyen que Dieu employait pour conférer aux rois de France ce pouvoir miraculeux, il est sûr que l’opinion générale en attribuait l’origine à l’onction de saint chrême que le souverain recevait à son sacre. C’est que de fait l’onction est bien le rite principal du couronnement des rois, le plus apte à manifester le caractère sacré de la personne royale. De très bonne heure, surtout en France, on comprit la ressemblance que cette onction créait entre le roi consacré et les évêques et prêtres dont la consécration comportait aussi, dans les usages gallicans, une onction d’huile sainte ?. Tandis que l’usage romain ancien ne paraît pas avoir comporté l’onction, elle est attestée en France dès le VIIIE siècle ; en 853, le jeune roi d’Angleterre, Alfred, reçut également l’onction royale à Rome des mains du pape saint Léon IV.
Ce fut dès le principe pour le roi des Francs le rite caracté-
1. PIERRE DE BLoïs, Epist. CL ad clericos aulæ regiæ. P. L., CCvII, 440. H. THURSTON, The Coronation Ceremonial, 65-66. — Marc BLocx, Les rois thaumaturges. Étude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale, particulièrement en France et en Angleterre (Publ. de la Fac. des Lettres de Strasbourg, XIX, 1924). Cf. Revue des Sc. eccl., IV, 1924, 648-653.
2. MGR BATIFFOL, Le rite de la consécration épiscopale, dans Revue d’hist. eccl., 1927, p. 759.