‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 182 sur 318 · LE GLAIVE ET LE SCEPTRE · texte numérisé non relu

LE GLAIVE ET LE SCEPTRE

résultent le progrès de l’État, l’extension du sacerdoce, la gloire de l’un et de l’autre.»

La doctrine des « deux glaives » était née, mais toute pacifique et faite pour l’entente non pour la lutte, encore moins pour la domination abusive de l’une ou l’autre autorité. L’empereur allemand recevait la lance et le glaive. Pour les rois d'Angleterre on dépasse encore cette mesure : depuis l’époque de Richard Cœur-de-lion, ce n’est pas un mais trois glaives qu’on leur remet, le glaive du ciergé, destiné à le défendre non à le régenter, le glaive de la justice pour punir les infractions, et le glaive écourté de la miséricorde : trois idées répondant au triple serment par lequel le souverain se lie avant son sacre 2.

C’est en souvenir de son serment que le roi consacré tire l’épée du fourreau et la brandit vigoureusement, i//mque viriliter vibrat, dit encore la rubrique ?, pour montrer sa résolution de mettre ce glaive au service des plus nobles causes.

Le sceptre royal qu’il reçoit en troisième lieu fournit une nouvelle occasion de lui rappeler qu’il n’est vraiment que « le reflet du Christ », dont il porte désormais les insignes pour en exercer les prérogatives.

Mais le point culminant de tout ce rite grandiose est le couronnement, qui constitue le suprême honneur rendu à la majesté royale. Au sacre de Charles le Chauve raconté par Hincmar, tous les évêques présents imposèrent ensemble la couronne sur la tête du monarque, miserunt 1lli episcopi coronam în capite 4, Par les évêques c’est encore le Christ

1. SAINT PIERRE DAMIEN, Sermon LXIX, pour la dédicace des églises. P. L., CXLIV; 900.

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