‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 184 sur 318 · LE COURONNEMENT SOLENNEL · texte numérisé non relu

LE COURONNEMENT SOLENNEL

ces louanges se rapportaient plus à Dieu qu’à son simple représentant dans l’État, et c’est à Dieu qu’elle faisait remonter tous les honneurs accordés au souverain. Il y eut des époques où elle dut faire comprendre clairement que Dieu seul était le Maître. Au couronnement de l’empereur Henri VI des témoins oculaires virent le pape Célestin III renverser du pied la couronne impériale, et les évêques la relever aussitôt pour la poser sur la tête de l’élu 1. Le geste était brusque, mais combien expressif de la doctrine du sacre des rois et des empereurs. Dieu sanctionnait l’autorité du prince, mais rappelait en même temps que cette autorité devait s’exercer selon les vues de Dieu et conformément aux lois ecclésiastiques.

Ce principe bien établi, l’Église ne marchandait pas au souverain couronné les marques spéciales de la haute considération en laquelle elle tenait la majesté royale. Non contente d’accorder à l’empereur des Romains un triple diadème, la couronne d’argent du roi allemand, la couronne de fer du roi d’Italie et enfin la couronne d’or réservée à la dignité impériale, n’allait-elle pas jusqu’à le parer de vêtements somptueux qui rappelaient de très près les insignes pontificaux : tunique, dalmatique, chape, mitre, sandales, rien n’y manquait. À la messe pontificale qui suivait le sacre, l’empereur présentait le calice et la burette d’eau, more subdiaconi ?, à la façon des sous-diacres. À l'office de la nuit de Noël il chantait la vIIe leçon, revêtu de l’étole des diacres et du manteau que Frédéric III en 1468 affectait de se faire agraffer par devant comme une chape, ad morem sacerdotum. Le même empereur chanta l’évangile à la messe de minuit en présence de Paul II, tandis que l’épître avait été lue par un représentant du roi de France * ; le chroniqueur ajoute

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