‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 186 sur 318 · L'OFFRANDE ET LA COMMUNION TT · texte numérisé non relu

L'OFFRANDE ET LA COMMUNION TT

la cérémonie du sacre royal le parallèle exact avec la consécration épiscopale et les ordinations. Ainsi admet-elle le roi, et la reine elle-même si elle a été également couronnée, à venir à l’offrande qui suit immédiatement la récitation par le pontife de l’offertoire : quo dicto… vadunt ad offerendum metropolitano, dit expressément le rituel du couronnement de la reine. La somme offerte par les souverains au pontife consécrateur a remplacé l’offrande de pain, de vin et de pièces d’or que mentionnent tous les anciens documents 1, mais elle répond à la même idée. Constante est également l’attestation de la « paix » portée par le plus ancien prélat au roi et à la reine, avec l’instrument destiné à cet effet, et, ensuite, de la communion sous les deux espèces. La réception du précieux sang a cédé la place à une simple ablution. Mais c’est bien de la communion au corps et au sang du Christ que faisait allusion la secrète de cette messe royale, qui, conservée encore au Pontifical, reproduit à la lettre la formule que l’archevêque de Reims, Hincmar, récita au sacre de Charles le Chauve : il en va de même de la collecte et de la postcommunion?. La secrète a un titre spécial à fixer l’attention, car elle atteste dans sa forme son origine gallicane tout apparentée qu’elle est au Quam oblationem du canon de la messe romaine. C’est une caractéristique que l’on rencontre assez fréquemment dans les antiques liturgies gallicanes à une époque où le canon romain n’était pas encore pleinement adopté en Gaule.

1. Au sacre impérial, les souverains couronnés offraient la matière même du saint sacrifice qui allait être célébré: vinum [er] aquam de quibus debet ea die fieri sacrificium. Ordo qualiter romanus imperator debeat coronari. MARTÈNE, De ant. eccl. rit, 1. Il, c. XXIIx, ordo 9; édition d'Anvers, 1763, t. II, p. 302-305.

2. MIGNE, P. L., CXxV, 808. — Supplément d’Alcuin au sacramentaire grégorien, MURATORI, Lit. rom. vet., 188; H. À. WILSON, The gregorian Sacramentary, p. 187. — P. L., LxxvVIII, 238. — Cette messe ancienne figurait encore dans le Missel romain antérieur à saint Pie V,. Missel de 1474, édition H. Bradshaw Soc. I, 475.

Munera, quesumus Domine, oblata sanctifica, ut et nobis Unigeniti tui corpus et sanguis fiat, et regi nostro ad obtinendam animæ corporisque salutem, et ad peragendum injunctum officium, te largiente, usquequaque proficiant 1.

La tradition romaine était différente : déjà consignée au sacramentaire gélasien au VIIS siècle sous le titre de missa pro regibus, elle passait dans l’Ordo du couronnement de l’empereur ?, et, chose curieuse, était adoptée de très bonne heure par les rituels anglo-saxons comme celui d’Egbert, le plus ancien que l’on connaisse #, pour être remplacée plus tard par les formules de notre Pontifical.

Les oraisons pro regibus sont jointes comme aux ordinations, aux prières de la messe du jour. Mais sur ce point comme sur beaucoup d’autres, les rois allemands se distinguaient des autres. En souvenir du sacre du roi Henri, qui avait eu lieu le jour de l’Épiphanie, il était d’usage de chanter au couronnement la messe des Trois Rois Mages, c’est-à-dire de la fête de l’Épiphanie 4.

Les dernières cérémonies mentionnées plus haut associaient la reine à son époux. C’est que dès le VIIIE siècle en France on a vu la reine paraître aux côtés du roi dans la solennité du sacre, et participer comme lui aux onctions, prières, traditions d’insignes et couronnement. Ainsi la reine Bertrade

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