‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 187 sur 318 · MARTÈNE, De ant. eccl. rit, 1. II, c. 1x, ordo · texte numérisé non relu

MARTÈNE, De ant. eccl. rit, 1. II, c. 1x, ordo

fut-elle couronnée par le pape Étienne à Saint-Denis le dimanche 28 juillet 754 en même temps que Pépin le Bref et ses deux fils, Charles et Carloman. Au siècle suivant, à propos du sacre de la reine Judith en 856, Hincmar parle du même usage, qui s’affirme du reste à la même époque dans le rituel de Ratold de Corbie ; il s’étendit ensuite au sacre impérial, en Allemagne et à Rome; on constate son existence en Angleterre à partir du X® siècle environ ?.

Les recueils liturgiques s’accordent à placer le couronnement de la souveraine à la suite de celui du souverain. Cet ordre était logique, et c’est celui qu’observe encore le Pontifical romain. Toutefois, à Rome, depuis la fin du XIIe siècle, on observait une disposition différente : les deux sacres et les deux couronnements de l’empereur et de l’impératrice se déroulaient simultanément #. D’autre part on voit, surtout dans les documents anciens, que cette cérémonie avait son sens déterminé, et qu’on lui attribuait une très grande importance.

Il se trouve que la préface eucharistique dont on fait aujourd’hui les honneurs à la reine couronnée, privilège qui n'appartient pas au roi, a remplacé, dans le Pontifical de Durand de Mende et dans notre texte actuel, une formule ancienne qui a eu cours à peu près partout du Xe au XVesiècle, soit à Rome, soit en France et en Allemagne #,

L’oraison rappelait que Dieu ne rejette pas la femme en raison de la faiblesse de son sexe, mais qu’au contraire il se plaît à l’exalter.

1. Ordo romain de la bibl. Chigi à Rome, dans MARTÈNE, op. cit., II, app. ordo 9, éd. Anvers, 1763, II, 302.

2. Dans la seconde rédaction de l’ordinal anglo-saxon, qui date probablement du sacre d’Edgard en 973. H. THURSTON, The Coronation Ceremonial, p. 18, 27, 28.

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