‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 188 sur 318 · Ordo romain de la bibl. Chigi, cité plus haut · texte numérisé non relu

Ordo romain de la bibl. Chigi, cité plus haut

4. P. KruLL, Die Salbung und Krônung der deutschen Kôniginnen und Kaïiserinnen im Mittelalter, (Dissert. phil. Halle) 1911.

Omnipotens sempiterne Deus, fons et origo omnis bonitatis, qui feminei sexus fragihitatem nequaquam reprobando adversaris, sed dignanter comprobando potius eligis 1...

Les exemples ne manquent pas, celui de Judith les résume, tous. Que Dieu daigne donc renouveler, pour la souveraine qui va être couronnée, les bénédictions répandues sur les héroïnes des temps passés :

Super hanc famulam tuam illam quam supplici devotione in reginam eligimus benedictionum tuarum dona multiplica eamque dextera tue potentiæ semper et ubique circumda.

La grâce du Seigneur protègera la reine contre toutes les embûches de l'ennemi ; mais c’est un bienfait tout spécial qu’on attend du secours divin : la bénédiction, dans le sein de sa mère, du rejeton royal qui sera un jour l’héritier présomptif :

Et una cum Sara atque Rebecca, Lia et Rachel, beatis reverendisque fœminis, fructu uteri sui fœcundari seu gratulari mereatur, ad decorem totius regni, statumque sanctæ Dei ecclesiae regendum necnon protegendum.…

L’idée propre au sacre de la souveraine, reine ou impératrice, se dégage très nettement, on a surtout en vue l’héritier qui assurera la succession au trône et la perpétuité de la dynastie ?. La pensée de la descendance assurée au couple royal était exprimée déjà dans les prières employées au

1. Ce texte se trouve en entier dans le Pontifical de Milan du XIe siècle, édition MAGISTRETTI, citée plus haut, p. 120. Il est également dans la seconde rédaction de l’Ordo romain de Cencius (XIIe Ordo de Mabillon), Mon. Germ., Leges, 11, 190, et dans l’Ordo romain XIV ; dans l’Ordo rom. ant. d'HiTTorP, De div. off., 152, et le Rituel des rois de France (MARTÈNE, op. cit., 1. II, c. x, ordo 6).

2. DoM ATH. WINTERSIG, Zur Kôniginnenweihe, dans Sahrbuch für Liturgiewissenschaft, V, 1925, p. 150-153.

sacre de la reine Judith, fille de Charles le Chauve (856), et à celui de l’épouse même de ce prince, la reine Ermintrude, pour laquelle Charles demande la bénédiction épiscopale afin de lui obtenir une descendance, wt talem sobolem ei Dominus de 1lla dignetur donare, unde sancta ecclesia solatium, et regnum necessariam defensionem.… possit habere!, La prière prononcée par l’Église au sacre des reines et impératrices répondait à ce vœu de Charles le Chauve : elle demandait officiellement à Dieu non seulement d’assurer la succession du roi, mais de bénir d’avance le fils qu’il accorderait aux époux royaux.

Il est possible qu’à la même préoccupation très légitime ait répondu un rite, tout à fait particulier au sacre des reines et impératrices, qui semble avoir été usité déjà lors du couronnement de la reine Adelaïde, épouse d’Otton Ier, en 9622. L’onction d’huile sainte était commune au roi et à la reine, mais tandis que pour le premier elle se faisait entre les épaules, les documents allemands, romains et français disent explicitement que le privilège de la souveraine était de recevoir l’onction sur le devant de la poitrine, pendant que l’on récitait la formule :

Spiritus sancti gratia humihtatis nostræ officio copiosa descendat 3...

Le texte qu’on employait à Rome était même plus explicite encore :

Sacri unctio olei in pectore reginæ Spiritus sancti gratia… copiosa descendat #,

1. Mon. Germ., Leges, 1, 506 : texte cité par WINTERSIG, op, cit.

Page 1