EUSÈBE, Hist, eccles., X
2. W. MUEHLBAUER, Pontificale romanum commentarts 1llustr. a T. Catalano, nouvelle édition, Fribourg, 1876, fasc. 11, p. III et suiv.: Prolegomena (in dedicationem).
Les papes furent peut-être les premiers à ajouter un rite spécial à cette dédicace des églises par la simple célébration solennelle du saint sacrifice : celui de la translation et de la déposition des reliques d’un saint martyr sous l’autel de la nouvelle église.
L'usage, qui se constate au IVE siècle, était un souvenir des catacombes et des premiers oratoires chrétiens, établis près des tombes des martyrs et des fidèles ; on s’y réunissait les jours d’anniversaire des défunts pour la célébration du saint sacrifice. Ces oratoires primitifs à destination spéciale au commencement, devinrent souvent, dans les temps de persécution, lieux de réunions liturgiques pour la communauté de Rome!. Quand, à la paix de l’Église, les chrétiens jouissant désormais de la liberté de se construire des temples
spacieux au grand air et dans l’enceinte même de la Ville,
on abandonna peu à peu les catacombes et cimetières extra muros comme lieux de réunions liturgiques, l’usage se répandit de construire des basiliques spacieuses sur l’emplacement de leur sépulture *, ou de leur élever des sanctuaires dans l’intérieur de la cité. Dans les deux cas il y avait au moment de la dédicace de la nouvelle église un transfert solennel du corps saint, et un ensevelissement, ou depositio, près de l’autel, ou plus fréquemment sous l’autel de la basilique. De bonne heure, on assimila aux vraies reliques des martyrs, c’est-à-dire à leur corps entier, soit des portions minimes de leurs ossements, soit même des objets ayant quelque rapport avec les reliques du Saint, linges imbibés de son sang, huile puisée à la lampe de son sanctuaire, etc. 3
Ainsi s’efforçait-on de rendre aussi aisé que possible
1. H. DELEHAYE, Origine du culte des martyrs, Bruxelles, 1912, ch. 11: L’anniversaire et le tombeau.
2. Ce fut le cas des grandes basiliques constantiniennes de St-Pierre au Vatican, et de St-Paul sur la voie d’Ostie, celui également de St-Laurent-hors-les-murs et de Ste-Agnès.
3. H. DELEHAYE, op. cit., Ch. VII, p. 337 et suivantes ; cf. p. 141-142.