‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 3 sur 318 · S. LÉON, Sermon III, P. L., LIV · texte numérisé non relu

S. LÉON, Sermon III, P. L., LIV

Mais le sens de ces formules liturgiques se précise, l’intention s’énonce en termes des plus caractéristiques : c’est le troupeau fidèle tout entier qui s’associe à la fête de son pasteur et prend part au saint sacrifice, tout comme s’il s’agissait de la fête de tous. Ainsi s’exprime la première messe de la série au sacramentaire léonien.

Quam oblationem totius mecum gratulantis ecclesiæ tu Deus in omnibus [benedictam.… facere digneris.]

« Cette oblation, Seigneur, est celle de cette assemblée tout entière, qui vous dit avec moi sa reconnaissance : daignez faire qu’elle soit bénie…. ! »

Il y a partie liée entre le pontife et le peuple fidèle ou mieux entre le père et les enfants : sa joie est leur joie, son action de grâces est aussi la leur, et les âmes apprécient à ce point les liens qui les unissent en Dieu que toutes demandent de voir ces liens de mutuel attachement se resserrer toujours davantage.

Praesta quesumus, omnipotens Deus, ut fidelibus luis ordinatum præbeamus affectum, eisque nos similiter diligendi spiritum benignus infunde, ut. sacrificium tibi placitum deferatur et plebis et præsulis. Per.

« Accordez-nous, Dieu tout-puissant, la grâce de témoigner à vos fidèles serviteurs l’affection à laquelle ils ont droit, et donnez-leur également de nous rendre à nous-même ce même devoir de la charité, en sorte que soit agréé de vous ce commun sacrifice et du peuple et du pontife ?. »

« À cette église que vous nous confiez accordez, Seigneur, le bien de la paix, afin que fondus dans

1. Sacramentaire léonien, mense septembri, XXIX : In natale episcoporum, I. Édition FELTOE, p. 123.

2. Sacramentaire léomien, I. cit. Cette oraison est passée dans les recueils gélasiens avec la même attribution aux anniversaires de consécration épiscopale. Cf. Dom CAGIN, La messe du Natale episcoporum du sacramentaire de Gellone, dans Mélanges Cabrières.

L’ÉLECTION 14 un seul et même esprit le peuple fidèle et le pontife n’aient à vous offrir qu’un même religieux hommage », ut in uno eodemque spiritu sit tibi grata devotio et plebis et præsulis1.

Une seule prière, une seule messe, un seul et même culte commun à tous, au pasteur et au troupeau qui lui est confié! C'était la grande thèse de l’unité, essentielle à la famille chrétienne, qui se maintenait dans sa pureté primitive ; les formules liturgiques exprimaient avec la même fermeté la pensée que saint Ignace d’Antioche avait traduite dès le Ie siècle d’une façon si saisissante : temps fortunés où, malgré les persécutions, les attaques de l’hérésie et les incursions des barbares, la société chrétienne continuait à se montrer fidèle au « cor unum et anima una » de l’époque apostolique ?.

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