SITUATION DE L’AUTEL
Le Liber pontificalis dit de saint Sylvestre qu’il orna lautel de la confession de Saint-Pierre de quatre colonnes de porphyre ; elles étaient destinées à soutenir le ciborium altaris, ou ciborium sepulcri, dont parle Grégoire de Tours. L'origine en est certainement antique : elle doit remonter au moins au IV siècle. Peut-être fut-ce tout d’abord un souvenir de ces arcosolia des catacombes, qui, ainsi qu’on l’a vu, ont souvent abrité des autels. En effet le ciborium, soutenu par quatre colonnes, était un baldaquin généralement voûté, dont les ouvertures extérieures correspondaient exactement à la forme des arcosolhia. On a même trouvé à Malte et en Sicile des tombes chrétiennes, surmontées de véritables ciboria, formés tout simplement de quatre arcosolia?. Dans le ciborium on retrouvait aussi l’abside des basiliques. C’était en tout cas une marque d’honneur donnée à l’autel et un sépulcre du martyr. Cet ornement était du reste connu depuis longtemps, le xSworoy des Grecs, comme insigne de distinction exceptionnelle : c'était exactement la signification de notre baldaquin ou dais moderne ÿ.
En Occident l'autel était dégagé de tout ornement et surélevé, afin que tous pussent le voir de la nef. Dans les basiliques à partir du IVe siècle, il était placé en avant de l’abside, où se tenaient l’évêque et le clergé. Le célébrant tournait le dos à l’abside et regardait le peuple qui occupait la grande nef de l’église, en sorte que les fidèles pouvaient suivre dans tous les détails l’accomplissement du rite eucharistique. Cet usage s’est conservé à Saint-Pierre du Vatican et dans plusieurs sanctuaires de Rome. Mais dans beaucoup d’églises d'Occident, et de bonne heure, on modifia cette disposition pour éviter la double orientation. Le prêtre se