Cf. Dom BEEKMAN, De oud-christelijke Basihiek, p
plaça désormais la face tournée vers l’abside et le dos au peuple 1.
On a une preuve manifeste de ce changement dans la basilique ambrosienne de Milan. Saint Ambroise dit formellement qu’il abandonna aux reliques des saints Gervais et Protais la droite du sépulcre qu’il s’était préparé sous l’autel de la basilique. Or, en 1864, lors des fouilles exécutées, on trouva trois sarcophages, dont deux tombes du IVE siècle posées dans le sens de la longueur de l’église, et une troisième posée en-dessus de ces deux tombes dans le sens de la largeur du même édifice. Les deux sarcophages inférieurs ne renfermaient plus que des médailles et pièces de monnaie : celui de droite contenait des pièces datées des années 386-397, coïncidant avec la date de l’ensevelissement de saint Ambroise. Sûrement, cette tombe de droite avait été celle de saint Ambroise, et celle de gauche, plus large du reste de o"ro, avait été celle où le Saint avait placé les corps des saints Gervais et Protais. Mais la disposition actuelle des tombes contredisait le témoignage de saint Ambroise qui disait avoir donné la droite aux Martyrs. C’est qu’à son époque, la façade antérieure de l’autel étant celle qui regardait l’abside, le côté droit qu’il avait cédé aux martyrs, devint le côté gauche lorsque la façade de l’autel changea bout pour bout.
Une trace de l’antique usage, que la basilique ambrosienne atteste d’une façon si curieuse, a subsisté jusque dans les rubriques de notre missel. Ce qui était jadis droite et gauche de l'autel par rapport au prêtre tourné vers le peuple, continua de porter ces noms dans la nouvelle situation du prêtre tournant le dos au peuple : on appelle encore droite de l’autel le côté de l’évangile et gauche de l’autel le côté de l’épître : Osculato altari, accedit ad cornu ejus sinistrum, id est epistole.… Primum incensat reliquias que a dextris sunt, id est a parte evangeli ?.
1. BRAUN, Der christhiche Altar, 1, 4xx et 412. 2. Rubriques du missel romain.