LE CÉNACLE DE JÉRUSALEM
Le grand argument que l’on donne à l’appui de cette théorie est tiré de ce fait connu depuis longtemps, que les premiers chrétiens ont utilisé pour leurs réunions liturgiques, spécialement pour le saint sacrifice, les demeures particulières des fidèles. Le fait est très exact, comme on va le voir ; resterait à prouver qu’on en puisse tirer la conclusion extrême mentionnée plus haut : nous verrons si la chose est possible.
Les Actes des apôtres et les Épîtres de saint Paul prouvent abondamment qu’en effet, aux temps apostoliques, les assemblées chrétiennes se tenaient souvent dans les maisons privées. L’exemple le plus célèbre est celui de la Cène, célébrée précisément dans une salle ornée, désignée par Notre- Seigneur à ses apôtres et appartenant sans doute à un disciple secret. Et c’est dans ce cœnaculum ! sanctifié par la célébration de la Cène eucharistique, — remarquons dès maintenant ce fait — que les disciples se retirèrent sans doute après la Passion 2, et ensuite après l’Ascension, attendant au milieu des prières liturgiques la venue du Saint-Esprit *. On ne nous dit pas si, après la Pentecôte, le Cénacle servit encore aux réunions du culte, mais c’est bien vraisemblable, d’autant qu’à Jérusalem on conservait au IVE siècle la tradition qui voulait que la plus ancienne église de la ville, celle du Mont- Sion, fût précisément bâtie sur l’emplacement du Cénacle 4,
Mais il y eut d’autres lieux de réunion, le chapitre II (v. 46)
dans la Ville pour les besoins du culte. En 302 Dioclétien fit détruire toutes les églises : c’est donc qu’il en existait avant lui, au IIIe siècle au moins.
1. Pour l'identification, voir SANDAY, Sacred Sites, p. 83. — H. B. SwETE, The Holy Spirit in the New Testament, 1909, p. 69-70.