II. — LA PENSÉE CHRÉTIENNE
À lire ces détails on croirait volontiers reconnaître les prototypes authentiques des rites chrétiens. Il ne faut cependant pas se fier trop vite à ce mirage qui donne l'illusion de la réalité. La dédicace des églises n’a sans doute pas plus emprunté directement au cérémonial païen qu’elle n’est redevable au rituel judaïque. Encore verrons-nous qu’elle se rapproche plus de ce dernier que du premier. Ce qu’on doit surtout reconnaître une fois de plus, c’est que les rites symboliques, adoptés au cours des âges pour manifester la consécration à Dieu des édifices destinés à la prière liturgique, répondent à des idées communes qui tout naturellement se sont traduites sous des formes analogues et quelquefois identiques. Mais de dépendance directe vis-à-vis du judaïsme ou du paganisme il ne saurait être question : l'histoire en tout cas n’en dit rien.
A cette époque on rencontre quelques détails précis, mais en dehors de là, pour beaucoup d’éléments en usage plus
Le Pontifical romain, — II x?
tard, on est encore dans l'incertitude jusque vers le VIII siècle. C’est à ce moment et aux deux siècles suivants que l’on voit les différents formulaires se combiner, afin d’arriver à l’Ordo compliqué de notre Pontifical qui existe déjà presque en entier dans l’antique Ordo romanus vulgatus.