‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 229 sur 318 · III. — LE SAINT SACRIFICE · texte numérisé non relu

III. — LE SAINT SACRIFICE

A l’époque qui suit la paix de l’Église jusque vers le VIIIS siècle la seule pensée qui soit exprimée universellement, en Orient et en Occident, c’est de vouer à Dieu et à son culte l’église et l’autel par la célébration solennelle du saint sacrifice. Elle est mentionnée par Eusèbe à l’occasion de la dédicace de la basilique de Tyr en 314 et de celle de Jérusalem en 335 !. Les auteurs anciens citaient volontiers une décrétale du pape Évariste (07-105), d’après laquelle : Omnes basilice cum missa semper debent consecrari ?. Gratien l’a insérée dans son Decretum sous le nom du pape Hyginus (136-140) ; cette décrétale est extraite de documents conciliaires postérieurs ; mais elle est d’accord avec l’usage courant du IVe siècle. Le plus ancien témoignage qui atteste sûrement pour Rome n’est que du VIE siècle. La célébration solennelle du saint sacrifice y apparaît encore comme l’élément essentiel. C’est une lettre du pape Vigile à l’évêque Profuturus de Braga * : « Pour les églises à consacrer de nouveau et qui n’ont pas de reliques des saints, on doit agir comme à l’ordinaire », c’est-à-dire en y disant la messe : guia consecrationem cujuslibet ecclesiæ, in qua sanctuaria (des reliques) non ponuntur, celebritatem tantum scimus esse missarum. Et ideo, ajoute le pape, s7 qua sanctorum basilica a fundamentis etiam fuerit innovata, sine aliqua dubitatione cum in ea missarum fuerit

1. EUSÈBE, Hist. eccl., 1. X, 3; Vita Constantini, IV, 43-46. 2. MANSsi, Concil. coll., I, 631.

Page 1