SAINT CYPRIEN, Epist. LV, 8, éd. HARTEL, II
2. J. COPPENS, op. cit, 151-155, contre MM. HATCH et HARNACK.
3. Cf. W. H. FRERE, Early forms of ordination, dans Essays on the early history of the Church de H. B. SWETE, Londres, 1921, p. 263-313. L’auteur voit à tort dans ce rite le principal élément de toute la cérémonie.
imposer les mains, les autres donnent par écrit leur consentement à l’ordination 1. »
Les Constitutions apostoliques prévoyaient cependant les cas où par exception on pouvait se contenter de deux évêques ou même d’un seul ?. Mais à Rome pour l’ordination du pape, on tenait à s’assurer la coopération des trois évêques d’Ostie, de Porto et d’Albano à, c’est-à-dire des églises de la banlieue romaine. La chose est attestée dès le IIIe siècle soit par saint Cyprien à propos de l’ordination du pape saint Corneille #, soit par le récit que donne saint Corneille lui-même de l’ordination à Rome de l’intrus Novatien à laquelle on fit convoquer trois évêques « plane rudes et simplices » pour leur arracher par surprise l’accomplissement du rite de la consécration 5. Même témoignage dans le Liber pontificalis au IVe siècle $ et un peu plus tard chez saint Augustin ?. Cet usage nettement romain s’est étendu à toutes les Églises d'Occident, mais il n’importe pas à la validité de l’ordination.
À Rome le Souverain Pontife se réservait le privilège d’accomplir seul la consécration des évêques qu’il ordonnait lui-même ; le fait est signalé dès le VIS siècle par l’africain Ferrandus : Uf unus episcopus episcopum non ordinet, excepta ecclesia romana® ; ce témoignage est confirmé par celui de
1. Concile de Nicée de 325, can. 4. MANSI, Concil. coll., t. II, 669. — HEFELE-LECLERCQ, Hist. des conciles, t. 1, 539-547.
2. Const. apost., VIII, 27, éd. FUNK, Didasc. et Const. apost., I, 530.
3. Antique Ordo de l’ordination du pape, d’après un manuscrit de Corbie, donné par D. H. MÉNARD, In S. Gregorii sacr. notae, PRIS PLXXVIIT, 505.