I. — TITRES DE LA FONCTION
ES usages longtemps respectés dans l’Église romaine interdisaient aux fidèles et au clergé lui-même de détacher des corps saints telle ou telle portion plus ou moins notable pour en faire des reliques. On se contentait de faire toucher des linges, des étoffes ou autres objets aux ossements ou même aux tombes des martyrs, et l’on utilisait ces choses saintes pour les consécrations d’églises. Grâce à ce procédé le rite de la translation des reliques put devenir tout à fait habituel.
Par une singulière bonne fortune, pendant longtemps le rite ainsi généralisé demeura la fonction la plus notable de la dédicace dans la liturgie romaine !, Aïnsi le sacramen-
1. Les Ordines romam ayant conservé les rites de la consécration des églises se présentent sous deux formes principales : un type purement romain correspondant au Grégorien, et un type romain d’origine, mais développé dans un sens gallican, c’est-à-dire non
taire grégorien d’Hadrien débute par l’oraison : Quando levantur reliquiæ, et ne paraît pas supposer d’autre cérémonie, et les plus anciens Ordines romani bien qu’imprégnés d’influences gallicanes conservent le titre suggestif de Ordo ad reliquias levandas sive deducendas seu condendas*, ou Ordo quomodo in sancta Romana ecclesia reliquiæ conduntur. On disait condere reliquias, comme encore aujourd’hui dans notre Pontifical. On disait aussi selon le langage ordinaire employé pour désigner l’ensevelissement des morts et surtout des martyrs, deponere ou ponere reliquias, d’où le terme consacré de depositio employé dans les martyrologes. Dans le Gélasien, on rencontre précisément une formule, sans doute excessivement ancienne, intitulée denuntiatio quum reliquiæe ponendæ sunt martyrum : … commonemus dilectionem vestram quoniam illa feria illo loco reliquie sunt sancti 1llius martyris collo-
romain. Le premier se trouve dans l’Ordo de Vérone publié par BIANCHINI, Anastash Opera, t. III (antérieur à l’an 856), un Ordo de Zürich du IX® siècle, dans GERBERT, Mon. lit. alemann., II, 49 (P. L., CxxxVINI, 1020), et un Ordo de Besançon, du XI® siècle à Londres, Br. Mus., cod. add. 15222 f0 63 v°, publié par FRERE, Pontifical Services, p. 4-6. Il se trouve aussi sous une forme un peu différente dans l’Ordo de Saint-Amand de DUCHESNE, Origines du culte chrétien, appendice, qui décrit la même fonction, mais en s’occupant surtout de la Scola Cantorum. — Ce premier type a servi de base au deuxième, qui est représenté dans les mêmes manuscrits de Vérone et de Zürich qui ont le premier, FRERE, p. 7-9. Il se rapproche sensiblement du Gélasien. Cf. BRAUN, Der christl. Altar, I, p. v, 11.
L’Ordo antiquus présente deux autres types plus avancés, (HITTORP d’après un manuscrit de Soissons, semble-t-il, FRERE, p. 112, et MuRATORI, Antig. Ital., IV, 819, d’après un manuscrit italien) ; le plus développé de ces deux types, le dernier, dans l’édit. d’HitrorP, est devenu l’Ordo antiquus receptus : c’est de lui que dépendent les formulaires des âges suivants. FRERE, p. 11. Duchesne a donné en appendice à ses Origines les deux rituels carolingiens des manuscrits d'Angoulême, B. N. cod. lat. 816, et de Metz, B.N., cod. lat. 9428. Cf. l’Ordo de Saint-Remi, dans MÉNARD, P. L. LXXVIN, 152.
1. Par exemple, l’Ordo de Saint-Amand, DUCHESNE, Origines du culte chrétien, 5° éd., 1925, p. 498,