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LES CALICES MINISTÉRIELS

De cet exposé il ressort clairement qu’il y avait au moins deux sortes de calices, celui de la consécration qui servait également à la communion du pontife et du clergé, et le scyphus (ou les scyphi), beaucoup plus grand, où l’on recevait le vin offert par les fidèles et dont on se servait ensuite pour les « confirmer », ou les communier. De plus, il semblerait que le calice dans lequel l’évêque consacrait était différent du calix major qui servait au diacre pour recueillir les oblations de vin et qui pouvait lui aussi être utilisé pour la communion. C’est à ces deux vases sacrés, distincts seulement par les dimensions, que le Liber pontificalis donne le nom de calices ministeriales. I1 désigne plutôt le caiice de consécration sous le nom de scyphus. Il parle fréquemment des uns et des autres à propos des dons offerts par les pontifes aux églises de Rome et d’Italie. L’usage des calices ministériels subsista naturellement tant que se maintint la coutume de la communion sous les deux espèces. Il fut donc connu en Gaule aussi bien qu’à Rome jusque vers le X® siècle. Pourtant les deux formules de bénédiction du calice, — telles que nous les trouvons dans tous les documents gallicans et dans toute la série des intermédiaires entre ces documents et notre Pontifical (dans celui-ci ce sont les deux premières oraisons), — ne paraissent concerner que le seul calice de la consécration, car elles parlent du calice au singulier. Peutêtre cependant les récitait-on aussi pour chacun des calices ministériels qui étaient aussi 27 usum ministerii lui.

Mais en dehors de cette benedictio calicis plusieurs anciens documents ont une benedictio chrismalis, dont on a fait l’oraison

Omnipotens sempiterne Deus manibus nostris opem tuæ benedictionis infunde, ut hoc vasculum et patena sanctificentur et corporis et sanguinis Domini nostri Tesu Christi novum sepulcrum efficiantur

de notre Pontifical, pour la consecratio patenæ et calicis.

Le terme sepulcrum s’applique assez mal à la patène dont on a ajouté la mention à la formule originale, ainsi détournée de son sens premier. Le chrismalis était non pas un calice contenant le précieux sang, mais un vase, analogue à nos ciboires modernes, destiné à la distribution du corps du Seigneur aux fidèles, et substitué par conséquent aux anciens sacs de lin des acolytes romains et aux patènes. Du reste l’'Ordo romanus antiquus a substitué à son ancien nom de chrismalis dont on ignore l’origine, celui plus compréhensible de vasculum in quo eucharistia reconditur! ; c’est aussi exactement que possible l’appellation sous laquelle notre Pontifical désigne le ciboire actuel, tabernaculum seu vasculum pro sancta eucharistia conservanda, pour lequel il prescrit une bénédiction de facture moderne. Cette bénédiction n’a pas d’attestation ancienne. Quelques documents ont bien une benedictio cibort, mais il s’agit d’un ciborium d’autel ou baldaquin. Anciennement, ce vase devait être également destiné à conserver la sainte eucharistie pour les malades, ce que le Ier Ordo romain appelle le conditorium, et la lettre de saint Germain, la” turris.

La même benedictio chrismalis des anciens documents a fourni la dernière oraison de notre benedictio corporalium :

Omnipotens Deus, manibus nostris opem.… ut hoc linteamen sanctificetur et corporis… novum sudarium.… efficiatur.

Corporalis palla ideo pura limia est super quam oblatio ponitur, quia corpus Domini puris linteaminibus cum aromatibus fuit obvolutum in tumulo ?.

C’est le moment de rappeler que ce symbolisme du corporal de lin, figure du suaire de Notre-Seigneur, exprimé si exactement par un auteur gallican du VIS siècle, était aussi dans la tradition des églises romaine et alexandrine. Le Liber

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