‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 265 sur 318 · P. G., LxxvII, 264 D. — Cf. Ordo rom. VI · texte numérisé non relu

P. G., LxxvII, 264 D. — Cf. Ordo rom. VI

3. Sacramentaire de Gellone, MARTÈNE, De ant. eccl. rit., 1. II, ch. XIII, ordo 1. — Pontifical de Milan, édit. MAGISTRETTI.

La bénédiction des cloches clôt la liste des formulaires annexés dans la suite des siècles aux cérémonies de la dédicace. Elle mérite une mention spéciale. Pour des raisons analogues à celles qu’on a indiquées plus haut, on a depuis longtemps donné à cette cérémonie le nom de baptême des cloches, appellation dont les protestants et les critiques ont souvent affecté de se scandaliser comme si l’Église entendait donner à la cioche un véritable baptême. C’est tellement ridicule, qu’il est superflu de s’y arrêter. Ce terme, populaire plutôt qu’ecclésiastique, est venu des aspersions et onctions qui caractérisent la cérémonie. Plus tard, on a même pensé à donner des noms et des parrains aux cloches en vertu de cette analogie. Les « noms de baptême » donnés aux cloches paraissent déjà dans l’ouvrage du pseudo-Alcuin (X® siècle) 1 :

neque enim novum videri debet campanas benedicere et ungere, eisque nomen imponere.

Baronius dit du pape Jean XIII (061) qu’il fut le premier à donner un nom à une cloche, celle de Saint-Jean de Latran qu’il bénit solennellement et sur laquelle il fit inscrire le nom de Joannes.

Le terme de baptizare, à propos des cloches, se trouve déjà dans un capitulaire de Charlemagne de 789, qui, il est. vrai, condamne précisément cet usage : wé cloccas non baptigent ?. Le rite était donc déjà commun en Gaule au VIII siècle ; il se trouve du reste dans les sacramentaires de Gellone et d'Angoulême et dans celui de Reims #, où le terme de clocca est employé comme équivalent du signum latin. On ne saurait dire si le Capitulaire de Charlemagne prohiba la bénédiction

1. PS.-ALCUIN, De divinis officiis, P. L., cCI., 2. Mon. Germ., Leges, sect. 2, I, 64.

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