Matth., XVIII
long ou même jusqu’à la mort, après quoi le pénitent était réconcilié. Une troisième catégorie de crimes comprenait les fautes les plus graves (adultère, idolâtrie et homicide), auxquelles il y avait tendance à refuser le pardon : c'était l’excommunication complète et définitive. La seule ressource des pécheurs ayant encouru cette peine était de faire pénitence dans l’espoir d’obtenir le pardon de Dieu. Pour eux, en fait, le sacrement de pénitence n’existait pas. Mais il faut dire que cette discipline si sévère n’était prônée que par des rigoristes ; elle s’adoucit dès le commencement du IIIe siècle. Le pape saint Callixte faisait rentrer l’adultère dans les fautes rémissibles. Plus tard saint Corneille remettait également le crime d’idolâtrie aux /apsi repentants. Enfin au IVe siècle l’homicide paraît lui aussi comme une faute rémissible 1.
À partir du IVe siècle toutes les catégories de pécheurs étaient en fait admises à la pénitence. Mais c’était une faveur. N’était pas admis le premier venu. Il fallait que le pécheur donnât des signes de contrition et de bon propos, et attestât en même temps sa volonté de se soumettre à la pénitence qui lui serait imposée. C’est l’évêque, à l’origine, ou plus tard lun des prêtres pénitenciers ?, qui recevait les pécheurs à la pénitence, ou selon une expression de saint Léon, « qui imposait la pénitence », confitentibus actionem pœnitentiæ dare*. C’est que cette réception parmi les pénitents était accompagnée d’une confession du pécheur, et ensuite d’une imposition des mains et d’une formule d’invocation prononcée par le prêtre, formule qui constituait, semble-t-il, une
1. MGR P. BATIFFOL, Études d'histoire et de théologie positive. Les origines de la pénitence, Paris, 1920, ch. II et III. — Sur toute cette question de la pénitence il faut encore avoir recours à la publication magistrale de JEAN MORIN, Commentarius historicus de adm. sacr. pœnitentiæ, Paris, 1651.