‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 274 sur 318 · L’ADMISSION A LA PÉNITENCE · texte numérisé non relu

L’ADMISSION A LA PÉNITENCE

véritable absolution. Aussi dans certains cas, n’accordait-on aux pécheurs que la pénitence, mais non la réconciliation définitive avec admission à la communion : et il est sûr que dans ce cas la concession de la pénitence équivalait à l’absolution. C’est en particulier ce qu’on accordait aux pécheurs repentants qui demandaient au moment de la mort à être réconciliés 1.

Le sacramentaire gélasien, au VIII siècle, donne les formules que jadis l’on récitait le jeudi sur les pénitents, au moment où ils venaient demander qu’on les admiît à la pénitence. De ce cérémonial que le Pontifical romain a conservé précieusement comme souvenir, il nous reste un vestige très connu, l'imposition des cendres aux fidèles le premier jour du carême. C’est par ce rite que commençait l'admission à la pénitence, et c’est aux pénitents qu’il était réservé, au lieu d’être commun à tous les fidèles comme il l’est aujourd’hui ?. Le gélasien ancien ignorait encore ce rite des cendres introduit vers le XE€ siècle : il disait seulement que l’évêque revêt les pénitents de cilices, qu’il prie pour eux et les fait aussitôt enfermer, oras pro eo et inclaudis usque ad Cœnam Domini*. On ne parle plus que de les chasser de l’Église : cela revient au même : ils sont exclus de la société des fidèles et leur réclusion doit durer jusqu’au jeudi saint*. Ce dernier détail était une précision apportée au rituel primitif. Anciennement, tous les jours étaient bons

1. SAINT INNOCENT Ier, Epist. VI, ad Exuperium, 11, P. L., xx, 498 499. — SAINT CÉLESTIN, Epist. ad episc. Vienn. et Narb., P. L.; LVI, 576.

2. L’usage de donner les cendres à tous les fidèles le mercredi des cendres est attesté dès la fin du X° siècle par l’anglo-saxon AELFRIC, Lives of the Saints, édit. SREAT, p. 262, et plus tard, en 10917, par le synode de Bénévent. Mans, Conc. coll., XX, 739.

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