‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 275 sur 318 · Sacramentaire gélasien, I; xvI · texte numérisé non relu

Sacramentaire gélasien, I; xvI

4. Les anciens rituels d’après les sacramentaires et pontificaux sont groupés en appendice à l’ouvrage de MORIN, Commentarius hist. de adm. pœnit. C’est Morin, qui, l’un des premiers, eut connaissance du sacramentaire gélasien. Ibid., p. 52.

Le Pontifical romains — II 20

pour recevoir les pécheurs à la pénitence, et la durée de leur expiation était laissée au jugement de l’évêque ou des prêtres pénitenciers, qui venaient d’entendre l’aveu de leurs fautes. La mesure uniforme de la pénitence imposée à tous indistinctement était sans doute déjà un adoucissement apporté aux rigueurs des premiers temps.

Les quatre oraisons du Pontifical, reproduites du sacramentaire gélasien, font allusion à la démarche préliminaire qu’avaient dû faire les pénitents, leur confession publique ou privée, selon les circonstances de temps et de pays. C'était un acheminement vers le pardon ou l’absolution dont la grâce serait accordée après accomplissement de la pénitence, c’est-à-dire, selon les prescriptions de nos livres liturgiques, le jeudi saint suivant !. Plus tard, cette discipline s’adoucit encore considérablement, puisque peu à peu l’on consentit à donner l’absolution aussitôt après la confession ?, et à renvoyer la pénitence après le pardon accordé. On devançait ainsi la date de la réconciliation en unissant pratiquement les deux fonctions de l’expulsion des pénitents et de leur réadmission dans le rang des fidèles. L’une des prières que le sacramentaire gélasien assignait à la fonction du jeudi saint est devenue pendant le haut moyen âge la formule de l’absolution, en attendant que l’on adoptât les paroles plus expressives, Ego te absolvo….

À Rome les pénitents occupaient, en dehors des églises, une place qui leur était réservée ; à la fin de la messe, l’évêque se rendait près d’eux et récitait à leur intention des formules de supplication et la prière pour les pénitents. L’historien Sozomène (Ve siècle) qui nous donne ces détails %, laisse entendre qu’il en était ainsi pendant toute la durée de la

1. Voir encore le Ps. ALCUIN (X° siècle), De div. officiis, XVI-XVIL, PIS ICT 12014.

2. Pratique conseillée déjà par saint Boniface au VIIIe siècle, PUIS LEXXIX, 1823.

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