II. — RÉCONCILIATION DES PÉNITENTS
Malgré les modifications notables apportées à la discipline, le Pontifical a conservé au jeudi saint le second Ordo, tombé lui aussi en désuétude, celui de la réconciliation des pénitents. Sa fixation au jeudi saint est attestée à Rome dès l’année 416 par le pape saint Innocent Ier'. Selon les usages primitifs cette réconciliation solennelle par l’évêque conférait la remise complète des fautes et rendait au pénitent la communion de l’Église et le droit de participer aux sacrements.
Mais à l’époque où se répandit l’usage de la pénitence privée le rite de la réconciliation du jeudi saint tendit à disparaître ?. Aussi le grégorien d’Hadrien n’a-t-il plus rien au jeudi saint du rituel de la réconciliation : ce rituel ne reparaît que dans le supplément carolingien à la suite du rite de l’expulsion au mercredi des cendres ÿ. La coutume dut s’en conserver assez longtemps, puisque le formulaire s’est développé jusqu’à l’époque de Durand de Mende, preuve qu’il était employé. C’est probablement à Durand de Mende qu’on doit l’introduction assez malheureuse dans la belle formule gélasienne, Adest o venerabilis Pontifex, de deux antiennes et d’un psaume qui coupent le texte en deux tronçons et renvoie à plus tard la finale Redintegra ‘…
1. SAINT INNOCENT I®r, Epist. ad Decentium, VII, P. L., XX, 559.
2. Cf. les rituels décrivant les rites de la pénitence privée, dans MORIN, op. cit. appendice. — Le Pontifical de Poitiers, déjà utilisé par Morin sous le nom de codex Tolosanus, est décrit par DOM WILMART dans Yahrb. f. Liturg., IV, 1924, p. 56-58 ; V, 1925, p. 159-163.