COMMUNION DES MOURANTS
réconciliation. Aux pécheurs chassés de l’Église mais non pénitents, qui demandaient en même temps la pénitence et la réconciliation au lit de mort, on accordait au moins, avons-nous vu, la pénitence, c’est-à-dire la rémission de leurs fautes ; mais Innocent Ier prescrivit de leur accorder aussi la réconciliation et par conséquent la sainte communion : communionem dari abeuntibus placuit, et propter Domini misericordiam, quasi viaticum profecturis!. La même discipline concernait à fortiori les pécheurs non excommuniés qui déclaraient leurs fautes au lit de mort et demandaient la réconciliation.
L’usage de la communion ad mortem devait du reste être général dès le début du christianisme. Pourtant les premiers exemples qu’on rencontre sont relatifs aux pénitents ?. Saint Ambroise au moment de mourir se fit apporter la sainte communion, Domint corpus, quo accepto ubi glutivit, emisit
spiritum bonum viaticum secum ferens *.
Le concile de Nicée, canon 13, implique l’existence d’une pratique générale, lorsqu'il dit que le pénitent ad mortem ne doit pas être privé du dernier et très utile viatique. Car ce viatique a évidemment la même utilité pour tous.
C’est surtout en vue de la communion des agonisants que s’introduisit la coutume de la réserve eucharistique, soit sous la seule espèce du pain, soit même sous les deux espèces. Car la coutume se conserva longtemps en Occident de communier les moribonds sous les deux espèces. Les documents liturgiques latins l’attestent jusqu'aux X® et XI® siècles, par l’emploi qu’ils font de formules comme la suivante : Corpus et sanguis Domini proficiat tibi…. Peut-être ne faisait-on que conserver le pain consacré trempé dans le
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