‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 291 sur 318 · CHOIX DU JEUDI SAINT · texte numérisé non relu

CHOIX DU JEUDI SAINT

le sacrement de confirtnation, + ns rehetüsews poux, «le chrême de la confirmation. »

La fixation de la consécration des saintes huiles au jeudi saint doit dater, selon toute vraisemblance, de l’époque où lon désignait la fête de Pâques comme jour authentique du baptême solennel, du IV® siècle par conséquent. Il était naturel dès lors de choisir le jeudi saint pour la consécration du chrême, car cette consécration se devait faire durant la célébration de la messe, et le jeudi saint était le dernier jour où la messe se célébrât avant la vigile pascale. Ce fut sans doute la véritable raison du choix ainsi que l’a fait remarquer Rupert au XIIe siècle!. Les explications d’Amalaire et des liturgistes du moyen âge ne reposent ici sur aucune donnée traditionnelle.

L’usage romain de la consécration réservée au jeudi saint fut adopté au VII siècle en Gaule et contrées avoisinantes. Saint Éloi de Noyon atteste qu’en ce jour (lisez le jeudi saint) dans le monde entier on consacre le chrême?.

Il s’est depuis constamment et fidèlement conservé en Occident : Hac die singulis annis benedicitur Oleum… et conficitur Chrisma. ? Il est défendu de faire cette consécration en quelque autre jour que ce soit, et ce n’est que par rarissime exception que Rome a concédé une ou deux fois la permission de devancer de quelques jours.

L’Orient s’est conformé sur ce point à l’usage latin. De temps immémorial les Byzantins et les Slaves (après eux) réservent la cérémonie au jeudi saint et l’accomplissent comme nous durant la « Liturgie » de la messe. De même les Jacobites de Syrie, qui reconnaissent cependant la loi de l’ancien concile de Tolède qui permettait à l’évêque de procéder à la consécration du chrême quand la nécessité

1. RUPERT DE DEUTZ, De divimis officiis, V, 17. P. L., CLKX, 141. 2. SAINT ÉLoI, Hom. X in Cœna Domini, P. L., LXXXVII, 629. 3. Rubrique du Pontifical romain.

Le Pontifical romain, — II 21

s’en faisait sentir. Nullus canon prohibet consecrari pÜpoy qguotiescumque causa postulet… Feria aurem quinta mysteriorum consecratur, ut sit proximum passioni Domini nostri:« In sepulturam etenim meam fecit hoc »; et ut sit paratum tis qui baptizantur in festo (—in Pascha)'. La raison qu’indique en dernier lieu cette décision canonique est conforme aux traditions primitives : le chrême est consacré en vue du baptême. Les auteurs latins du moyen âge n’ont pas oublié de la mentionner à la suite de leurs explications mystiques. Ainsi Rupert de Deutz : Sz queæras cur non ipsa quoque chrismatis consecratio dilata est, ideo scilicer quod ab hac feria guinta usque in vesperam Sabbati qua hora utendum est chrismate, vacamus a missarum solemniis ?.

D’après une tradition particulière, les anciens coptes d'Égypte consacraient le chrême, de même qu’ils administraient le baptême, le vendredi saint, mais la date ordinaire du jeudi a été adoptée depuis comme partout ailleurs à. On la retrouve jusqu’en Mésopotamie et sur les côtes de l’'Hindoustan parmi les populations nestoriennes.

La bénédiction de l’huile des infirmes est comme les précédentes réservée au jeudi saint ; mais primitivement elle était d’un usage constant, et s’accomplissait au Per quem hæc omnia de la messe selon les besoins des fidèles. Ce sont eux qui, à une époque encore très avancée, présentaient huile à bénir : elle devait ensuite servir à l’onction des

1. Canons de facques d’Édesse, cités dans le Nomocanon de BAR- HEBRÆUS, C. II, sect. I. MAI, Coll. script, X, p. 16.

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