LES ONCTIONS D'HUILE
tion pour manifester clairement que le prélat consacré a le pouvoir de bénir, de confirmer et d’ordonner !, ainsi que l'indique la formule dont est accompagnée l’onction :
Quidquid benedixeris benedicatur, et quidquid sanctificaveris sanctificetur, et consecratæ manus 1stius vel pollicis impositio cunctis proficiat ad salutem.
Une onction des mains paraît aussi déjà dans le sacramentaire gélasien de Gellone, écrit en France dans la seconde moitié du VIII siècle ; elle suit également la prière de consécration, mais au lieu de faire allusion aux pouvoirs épiscopaux, elle rappelle l’onction royale donnée jadis à David par le prophète Samuel. Notre Pontifical, à la suite de l’Ordo romain du X® siècle, a recueilli cette formule qui fait un peu double emploi avec la seconde, mais qui trahit peut-être l’origine du rite :
Ungantur manus istæ de oleo sanctificato et chrismate sanctificatioms, sicut unxit Samuel David in regem et prophetam…
On s’est demandé si l’onction des pontifes n’aurait pas été introduite dans le rite du sacre des évêques à l’époque où parut l’onction des rois. Cette dernière cérémonie fut d’un usage courant en Gaule dès le VIII siècle, et on la connaissait déjà en Espagne à la fin du siècle précédent ?. Il est possible que par analogie on ait eu l’idée vers cette époque d’accorder le même privilège de l’onction aux nouveaux évêques ÿ.