‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 37 sur 318 · I. INNOCENT III, De sacra unctione, x · texte numérisé non relu

I. INNOCENT III, De sacra unctione, x

2. MGR BATIFFOL, La liturgie du sacre des évêques, dans Revue d’hist. eccl., 1927, p. 748-749.

3. Cette question a été longuement traitée, et résolue dans ce sens, par E. EICHMANN, Kônigs- und Bischofsweihe(Sitz.-Ber. d. Bayer. Ak. d. Wiss., 1928, VI). Cf. Fahrbuch für Liturgiewiss., VIII, 1928, p. 396-398.

épiscopaux fut exprimée, dans le rit gallican, par une cérémonie que nous avons conservée à la suite de l’Ordo romanus antiquus, bien qu’elle soit étrangère aux usages romains : la tradition de la crosse et de l’anneau. L'Espagne devança les autres contrées dans l’usage de la crosse et de sa tradition, puisqu’on en trouve la mention dès le VIIE siècle 1. En France une attestation formelle datant du règne de Charles le Chauve nous montre la coutume en pleine vitalité. Le témoignage est de l’empereur lui-même écrivant au pape Nicolas Ier (867) et lui relatant le fait de plusieurs évêques de la métropole de Reims qui avaient reçu l’ordination épiscopale durant l'exil de leur archevêque Ébo : à son retour, en 841, celui-ci leur conféra, « conformément à l’usage des églises de France, anneaux et crosses, avec leurs lettres de confirmation dans leur charge », omnesque suffraganei qui eo absente ordinati fuerant, annulos et baculos et suæ confirmationis scripta, more Gallicarum ecclesiarum ab eo acceperunt?.» La crosse et l’anneau étaient donc considérés comme les insignes de la juridiction et du pouvoir spirituel : c’était au métropolitain de les conférer à ses suffragants dont il était de droit le consécrateur.

Le fait que Charles le Chauve rappelle au pape que ce rite était conforme aux usages des églises des Gaules, semble bien indiquer qu’encore à cette époque il était inconnu à Rome : les documents liturgiques du temps n’en parlent jamais.

Signe d’investiture de la charge épiscopale et de collation des pouvoirs spirituels faite par l’autorité ecclésiastique, la tradition de l’anneau et de la crosse paraît être restée pendant le IX siècle le privilège incontesté des évêques consécrateurs. Il n’en fut plus de même aux Xe et XIE siècles, surtout en

I. S. ISIDORE DE SÉVILLE (+ 636), De eccles. officis, II, v, 12, P. L., LXXXIIL, 783. — IVe Concile de Tolède, de 633, can. 28, MANSI, Concil. coll., x, 627.

2. CHARLES LE CHAUVE, Æpist. V, ad Nicolaum papam, P. L., CXXIV, 874.

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