LES VŒUX ET LEUR ACCEPTATION
c’est pour la vie, car un don librement offert ne se reprend pas.
b. — À ces promesses qui constituent les vœux de religion il faut une reconnaissance officielle, une acceptation par une autorité compétente au nom de Dieu lui-même ; et seule, ici, l’Église est compétente, l’état civil quel qu’il soit n’a rien à voir à de pareilles conventions : ce sont de vrais contrats passés uniquement entre la personne qui se donne et la famille religieuse qui la reçoit de la part de l’Église. C’est là ce qui établit le profès dans l’état religieux et lui donne un mode d’existence nettement défini, ce que l’Église appelle le séatus religiosus, « l’état religieux !. »
L'entrée dans la vie religieuse est entièrement libre, c’est l’une des conditions essentielles de la validité de la profession, nous allons le voir. Mais il va de soi, et il est requis positivement par le droit ?, que le Supérieur régulier d’une maison religieuse, l’Abbé ou le Prélat d’un monastère, appartient par sa profession à la vie religieuse qu’il est chargé de faire observer par ses sujets. « Il est conforme aux saines traditions, disait saint Grégoire le Grand, que l’on ne prétende pas commander aux autres avant d’avoir appris soi-même à obéir, et qu’on n’exige pas d’autrui une docilité qu’on n’aurait pas montrée à ses supérieurs Ÿ. »
Il est donc logique de parler de la profession monastique avant de traiter la question de la bénédiction des Abbés. Or le rite de la profession
1° suppose toute une préparation ;
2° est une oblation dont la place est logiquement à la messe ;
3° implique, comme à la messe, une recommandation à Dieu ;