II. — LA PROFESSION OU ÉMISSION DES VŒUX
1. — La préparation. Épreuves et cérémonies préparatoires à la profession.
Il y a longtemps que la tradition monastique, soit en Orient, soit en Occident, a comparé la profession religieuse à un second baptême !, qui, grâce aux dispositions excellentes de charité et de renoncement qu’on y apporte, a la vertu de rendre l’innocence parfaite à l’âme consacrée. Ce second baptême exige évidemment une préparation comme le premier : c’est le noviciat, dont l’année de probation exigée par le droit correspond à l’ancien catéchuménat des candidats au baptême. Cette formation novitiale comporte comme le catéchuménat un double enseignement doctrinal et moral, et elle a son catéchiste, le maître des novices ?. À celui-ci de s’enquérir avec soin si le candidat veut faire de Dieu, et de Dieu seul, l’objet de ses recherches, et si c’est vraiment pour le servir qu’il demande à s’agréger à la famille religieuse. ? Plus encore que le simple catéchiste le maître des novices appartient à ceux qu’il forme, et la sage législation de l’Église tient à l’exonérer de toute occupation qui l’empêcherait de vaquer librement à son ministère 4 ; car son obligation est grave de veiller avec toute sa sollicitude 5 à l’avancement spirituel de ceux qui lui sont confiés.
1. Cf. un ancien rituel de profession des monastères romains : Sicut in baptismo.… ita et abbas monacho debet, quia secundus baptismus est et juxta judicium Patrum ei omnia peccata dimittuntur sicut in vero baptismo. O. CASEL, op. cit. p. 34.