PRÉPARATION IMMÉDIATE
niennes!. Le Pontifical romain n’a pas cette cérémonie préparatoire, mais il a recueilli les quatre grandes oraisons que l’on peut considérer désormais comme le préambule immédiat à la profession. L’une est adressée à Dieu, les trois autres successivement aux trois personnes de la Sainte Trinité, particularité rare en liturgie :
Deus indulgentiæ pater…
Deus, qui per coæternum Filium tuum.…
Domine Jesu Christe, qui es via.
Sancte Spiritus, qui te Deum..
Il s’agit surtout de recommander au Seigneur le nouveau profès et d’obtenir pour lui les grâces qui lui seront nécessaires. C’est ainsi qu’à la cour pontificale de Rome on procédait à la préparation immédiate de la profession monastique lorsque le pape avait l’occasion de la recevoir en personne ?, et c’est l’ordre que suivent actuellement la plupart des rituels monastiques. On peut remarquer du reste que cet ordre est logique attendu que la première de ces prières, Deus indulgentiæ pater, est un appel à la miséricorde divine, tout à fait dans le goût des anciennes apologiæ sacerdotis, où le célébrant s’adresse à Dieu au moment d’accomplir les fonctions sacrées, et s’excuse auprès de sa toute-sainteté d’avoir à intervenir dans une œuvre qui n’appartient qu’à la puissance divine.
« Nous sommes, Seigneur, indignes d’un tel ministère ; mais ce que nous accomplissons, daignez
1. Cérémoniaux de Solesmes, Beuron, Maredsous ; de la Primitive Observance ou Subiaco (édit. Solesmes, 1896). — Il n’existe pas de Rituel officiel de la profession bénédictine. Dom Guéranger a composé le Cérémonial de la vêture et de la profession monastique pour les monastères de la Congrégation de Solesmes, en ayant recours aux anciens Rituels. Les Cérémoniaux de la Congrégation allémande de Beuron et de la Congrégation belge de l’Annonciation (Maredsous, etc.) reproduisent dans les grandes lignes celui de Solesmes.