Le don de soi
L’Apôtre saint Pierre nous rappelle à tous que nous tenons, de notre caractère de chrétiens, un vrai sacerdoce spirituel, un sacerdoce royal, sacerdotium sanctum, regale sacerdotium, qui nous permet d’offrir à Dieu un sacrifice, offerre spirituales hostias acceptabiles Deo per Fesum Christum\.
Ces hosties spirituelles sont assurées d’avance d’être agréées de Dieu, parce qu’elles suivent la voie authentique pour atteindre le cœur du Père, elles passent par son Fils, le Verbe incarné, et par son oblation infiniment parfaite. Et ces hosties spirituelles sont d’une nature très déterminée ; saint Paul nous a dit quelles elles peuvent être, si nous voulons ? : à savoir, nous-mêmes, nos vies, nos activités, notre être tout entier avec ses facultés et ses œuvres, l’arbre depuis la racine jusqu’aux fruits, et cela à jamais. Obsecro vos. ut exhibeatis corpora vestra hostiam viventem, sanctam, Deo placentem, rationabile obsequium vestrum ! C’est un don bien vivant que celui-là, une hostie, non une victime immolée, un hommage souverainement agréable à Dieu, un acte de grande intelligence et d’humble dépendance : le don plénier de soi-même à Dieu et à son service.
Telle est bien la profession religieuse. C’est pour en bien souligner le caractère liturgique que saint Benoît a voulu qu’elle se fasse à l’église, devant l’autel, au cours de la messe, et que la charte contenant la formule des vœux soit placée par le profès, vrai prêtre de son sacrifice, sur l’autel même, dans les plis du corporal, aussi près que possible du corps du Seigneur, afin que son offrande entre pleinement dans l’oblation du saint sacrifice *. Dans tous les détails tradition-
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