‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 66 sur 318 · LES VŒUX DE RELIGION · texte numérisé non relu

LES VŒUX DE RELIGION

passé. Les vœux reconnus par l’Église sont partout les mêmes, avec quelques particularités importantes. C’est ainsi que l’Ordre de Saint-Benoît commence par le vœu de stabilité et d’appartenance à un monastère déterminé ; puis il mentionne «la conversion des mœurs!», qui équivaut à la pauvreté et à la chasteté, pour finir par l’obéissance ; il s’en est tenu à cette terminologie. C’est sous l’influence des Franciscains que les autres Ordres ont ajouté la mention expresse de la pauvreté. Que celle-ci soit indiquée ou non, elle entre essentiellement dans la notion du renoncement total qu’implique la vie religieuse, et dans celle du service de Dieu qui est l'objectif principal de saint Benoît. L’offrande que le religieux fait de lui-même est comme celle de l’Église le don d’un pauvre, d’un dépouillé, d’un serviteur qui a tout reçu de son Maître et Seigneur, et qui lui fait un sacrifice de ces dons mêmes qu’il tient de lui : de même qu’à la messe le prêtre offre au nom de l’Église oblationem servitutis nostre, de tuis donis ac datis, le religieux prend ce qu’il tient de Dieu pour lui en faire hommage, de bonis suis in nobis ?. Il n’a rien à offrir qui ne soit déjà le bien de Dieu, mais il le lui restitue de bon cœur, in simplicitate cordis, certain que Dieu agrée toujours cette reconnaissance empressée de son souverain domaine *.

Le Pontifical romain a retenu précieusement le détail typique qui, dans la Règle de saint Benoît, achève de souligner le caractère sacrificiel de la profession monastique : ponit chartam ipsam super altare, «le profès va déposer, après l’avoir lue, la charte de ses vœux sur l’autel du saint sacrifice, » afin qu’il y ait union intime avec l’offrande de la messe qui va suivre.

1. Dom M. ROTHENHAEUSLER, Zur Aufnahmeordnung der Regula S. Benedicti. Munster, 1912. II. Conversatio morum.

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