La recommandation de l’offrande
L’oblation faite à Dieu, à la messe, du corps très saint du Christ englobe en elle-même et entraîne dans le même mouvement d’offrande toutes les intentions de l’Église, du prêtre, de l’assistance tout entière ; car tous sont invités à se joindre à l’acte du sacrifice eucharistique : nos servi fui, sed et plebs tua sancta… offerimus præclare majestati tue. hostiam puram. Aussi éprouve-t-on le besoin de recommander avec instance à la bienveillance du Seigneur ces dons qu’on ose lui présenter. Qu'il daigne jeter vers eux un regard indulgent et qu’il veuille bien les agréer!
Supra quæ propitio ac SERENO VULTU RESPICERE DIGNERIS... supplices le rogamus JUBE HÆC PERFERRI..
À la prière ardente se joignent les gestes qui la rendent plus expressive encore, les mains étendues, le front profondément incliné dans l'attitude de l’humble supplication ; et le prêtre seul parle constamment pour tous, se faisant l’interprète autorisé de la pensée de tous.
C’est exactement ce qui se reproduit à la profession monastique, et dans les moindres détails. Les termes euxmêmes s’inspirent visiblement de la liturgie de la messe, et lPapplication que l’on fait de ces expressions consacrées, à la liturgie monastique de la profession, est des plus anciennes, puisqu’on lit déjà dans le gélasien cette formule encore en usage de nos jours :
Præsta, Domine, famulis tuis renuntiantibus sæcularibus pompis gratiæ luæ januas aperiri… JUBE EOS VENIENTES AD TE SERENO VULTU SUSCIPI... wé felici muro vallati mundum se gaudeant evasisse 1.
1. C’est l’oraison du gélasien pro renuntiantibus saeculo, c’est-à-dire pour la profession. Elle figure encore à ce titre dans l’Ordo romanus antiquus d'Hittorp et le rituel romain basé sur le décret de Théodore (D. CaAsEL, Die Mônchsweihe, p. 35). Mais dès le IX® siècle on l’a