‹ Le pontifical romain (volume 2)Chapitre 68 sur 318 · LA DEMANDE D'ACCEPTATION · texte numérisé non relu

LA DEMANDE D'ACCEPTATION

Le même regard indulgent est sollicité pour les deux oblations. C’est du même Père des miséricordes que l’on attend la grâce d’être pleinement agréé.

Suscipe me, Domine, secundum eloquium tuum, et vivam, et non confundas me ab exspectatione mea.

Le verset du psaume CxVIIE est classique, il est d’un emploi constant dans toute la tradition monastique. Le Pontifical romain en le reproduisant ici n’est pas seulement tributaire de cette vénérable tradition, il l’est avant tout de saint Benoît qui en a prescrit l’usage ?. L’extension des mains, lPinclination profonde, la génuflexion viennent encore accuser plus nettement le sens de la formule : c’est une vraie « demande d’acceptation * » ; et, comme à la messe, la voix de celui qui se recommande ainsi à Dieu n’est pas isolée : tous après le profès, dit déjà saint Benoît, reprennent par trois fois cette même invocation : Suscipe me, Domine! non pas Suscipe nos, montrant par là ne faire qu’un avec l’hostie de ce sacrifice et s’unir pleinement à son oblation. Il y a cause commune, il y a surtout fusion de toutes les âmes consacrées en l’oblation du saint sacrifice pour obtenir plus sûrement, notait Dom Guéranger, « que l’offrande du Christ et celle du chrétien soient emportées ensemble par la main du même Ange jusqu’à l’autel du ciel. » Jube hæc perferri per manus sancti Angeli tui in sublime altare tuum!

détachée du rituel de la profession pour en faire une oraison de vêture des novices. ALBERS, Consuetudines monast., t. III, p. 175. Dans plusieurs Rituels monastiques elle joue aujourd’hui le même rôle.

1. DoM CLAUDE MARTIN, ©. S. B. (f 1696), Paraphrase du Suscipe me Domine. Traduction italienne dans Scritti monastici, 2. Praglia,

2. Ce verset doit venir normalement après la lecture de la promesse, ainsi que l’a établi saint Benoît, c. LVII1 ; l’ordre est inverse dans le Pontifical, mais les Rituels monastiques ont conservé la disposition ancienne.

3. Dom DELATTE, Commentaire sur la Règle de S. Benoît, p. 453.

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